Anissa Lalahoum: Une artiste à l’âme métissée

Anissa Lalahoum: Une artiste à l’âme métissée

 Un hymne à la paix, à l’amour, à la passion, à découvrir à travers la calligraphie arabe enrobée de couleurs.

Anissa Lalahoum, de son vrai nom Anissa Abbou, est née le 8 janvier 1980 à Montreuil, en région parisienne. A 5 ans, ses parents décident de retourner en Algérie, à Bouharoun, dans la région d’Alger, où elle vivra une enfance douce et heureuse…

La chaleur du Sud-ouest avec ses traditions des oliviers et l’hospitalité des gens du sud. Elle se souvient : «de l’odeur de la laine que préparait ma grand-mère, la couscous roulé par ma tante à la main et qui séchait au soleil, le bleu azur du littoral et ses ruines romaines, son port de pêche.» Des bribes de souvenirs où elle puise son inspiration aujourd’hui sur ses toiles. Pendant la décennie noire en Algérie, sa famille retourne en France, et Anissa mène une adolescence simple et sans embûches. Des études d’éco-gestion, puis une carrière dans le milieu bancaire.

Mais à côté de ça, déjà vibrait en elle ce fou désir d’exprimer une sensibilité artistique. Ses premières toiles peintes au fond d’un grenier de sa maison, et l’envie se transforme en passion… pour devenir naturellement une vocation.

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Anissa a toujours baigné dans un cocon où l’art résonnait ici et là. D’abord, son père qui peignait des tableaux de paysages du désert saharien. Et sa mère aussi sensible aux matières : soie, velours, taffetas… qu’elle transmet à sa fille. Anissa se confie: «j’ai toujours aimé l’art sans jamais savoir pourquoi: le toucher, les matières et sentir les éléments. Le sable sous mes pieds, le toucher d’une écorce d’arbre, la douceur d’une étoffe de soie…».

Jusqu’au jour où elle décide de chercher un tableau abstrait, une idée fixe qu’elle avait en tête, mais qu’elle ne trouvait pas en écumant les galeries et les brocantes d’art du monde. Alors elle décide de créer elle-même cette œuvre si précise dans son esprit. Et la magie opère! Son pinceau glisse sur la toile blanche, devenant de plus en plus colorée, comme habitée par l’âme d’Anissa. Tout devient tellement évident: «Traduire mes émotions, le choix des couleurs, la matière, le trait, je ne contrôlais rien. Explorer la profondeur, lui donner du relief, faire exister enfin une œuvre.» Une toile, puis une autre, et une autre… des nuits blanches à peindre frénétiquement au rythme de ses états d’âme, coups de cœur, de peine, de gueule, au gré des rencontres, d’une discussion, d’une émotion.

«À la recherche de mon tableau, je croise le livre de Khalil gibran «les 7 clefs de l’amour», un coup de foudre visuel et poétique. J’ai grandi avec la langue arabe : parlée et écrite… elle a toujours fait partie de ma vie, ainsi quand certains gribouillent ou dessinent sur une feuille moi j’écris des mots, des phrases en arabe. Puis, le jour où j’ai commencé à peindre, mes tableaux étaient purement abstraits, j’y ai apposé des mots en arabe.

Et pour moi le tableau trouvait son sens, il avait une couleur, et renfermait un message que j’étais seule à déchiffrer. Chacune de mes toiles porte un mot ou phrase en arabe, symbole de la vision à un instant précis ou référence à un souvenir ou une actualité. Ce mélange c’est moi : un mélange d’abstrait et de concret. Un peu comme l’humanité, la société, le mal et le bien, l’amour et la haine».

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