Au Japon, les distributeurs délivrent de tout… à la tête du client

Au Japon, les distributeurs délivrent de tout… à la tête du client

Des bananes aux parapluies jetables en passant par les boissons, les cigarettes, les tickets ou les en-cas, on trouve un peu de tout dans les distributeurs automatiques nippons, lesquels sont aussi parfois capables de reconnaître les clients pour mieux les servir. Posés à même le trottoir ou logés dans les bâtiments, quelque 5 millions d’automates de vente sont disséminés dans tout le Japon, pays au faible taux de délinquance où ils ne sont pas saccagés. «C’est trop pratique, j’en voudrais un dans ma chambre», s’exclame Hibiki Miura, jeune Tokyoïte de 18 ans. Environ la moitié de ces machines servent des boissons fraîches ou chaudes, totalisant un volume de vente qui se chiffre en milliards de canettes et mini-bouteilles pour un montant annuel de plus de 20 milliards d’euros. Au fil des générations, les automates deviennent de plus en plus éclectiques et intelligents, grâce à l’imagination de leurs concepteurs et aux progrès technologiques. Ainsi a-t-on vu apparaître des distributeurs de bouquets de fleurs à l’entrée des hôpitaux, des machines à oracles au pied des temples, ou bien des vendeurs de bananes fraîches dans les gares. «On trouve des fruits dans toutes les supérettes (très nombreuses au Japon), mais il semble que cela amuse les gens de regarder, acheter et manger des bananes de distributeur», se réjouit Hiromi Ohtaki, une porte-parole de la société à l’origine du concept, Dole Japan. Certains automates sont en outre équipés d’un afficheur où défilent les informations ou bien des consignes en cas de séisme, phénomène fréquent au Japon. Le cas échéant, quelques machines sont programmées pour offrir les boissons gratuitement dans les zones sinistrées.
Plus récent est le distributeur qui reconnaît le profil des clients, un type d’appareil installé récemment à la gare de Shinagawa, important lieu de transit au sud de Tokyo. Mio, 48 ans, s’est vu proposer par cette judicieuse machine, munie d’un large écran en guise de vitrine, une bouteille de thé glacé. L’appareil effectue ses choix en fonction de la tranche d’âge pressentie et du sexe de la personne, évalués au moyen d’une caméra associée à un logiciel de reconnaissance de visage. Le taux de réussite serait de l’ordre de 75%, selon une filiale de la compagnie de chemin de fer JR East, co-conceptrice de l’objet. De surcroît, plus cet appareil vend, plus il devient pertinent, grâce à une mémoire qui associe les boissons effectivement sélectionnées au sexe et à l’âge présumés des acheteurs. Il peut ainsi recommander aux clients suivants de profils similaires les breuvages qui a priori sont les plus susceptibles de leur plaire. «Je suis tentée de croire que ce qui est suggéré est bien quand je suis moi-même incapable de me décider», sourit Mio, soulignant au passage que la machine a vu juste, lui proposant une de ses boissons favorites. Ce distributeur, qui affiche aussi des publicités et informations lorsque personne n’est devant pour acheter une boisson, est évidemment muni de toutes les technologies de paiement par téléphone portable ou carte en plastique porte-monnaie électronique. «Les futurs distributeurs seront capables de mieux communiquer avec les gens», assure Toshinari Sasagawa de JR East Water Business, exploitant de l’engin. Et le même d’ajouter que le but est de donner un supplément d’âme à l’acte d’achat auprès d’une machine, en faisant en sorte que cela soit plus agréable. D’autres sociétés, comme Coca-Cola Japon, s’activent aussi pour rendre leurs distributeurs plus attractifs, grâce à des écrans, des systèmes de fidélité qui permettent d’obtenir divers cadeaux symboliques et autres petites attentions.

  Miwa Suzuki (AFP)

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