Bendahman : «Tanger doit avoir plus de galeries»

Bendahman : «Tanger doit avoir plus de galeries»

ALM : Comment vous est venue l’idée de créer la galerie Linéart ?
Abdelbassit Bendahman : La ville de Tanger souffre du manque de galeries d’arts plastiques. Elle ne compte qu’un trio de belles galeries : la galerie Delacroix de l’Institut français du Nord, la galerie Cervantès de l’Institut Cervantès et la galerie Arnott. Je voulais intégrer le domaine des galeristes, qui était jusque-là l’apanage des étrangers. Mustapha Boulaïch, un grand passionné d’art et riche commerçant tangérois établi en France, m’a aidé à réaliser ce projet en mettant à ma disposition un local de 300m2.  L’inauguration de ma galerie a été rehaussée par la participation de plusieurs artistes-peintres du Nord, membres de l’Association marocaine des arts plastiques.

L’inauguration de votre galerie a eu lieu au mois de juillet dernier. La fréquentation a-t-elle été bonne depuis ?
La galerie Linéart se situe dans un quartier résidentiel et calme, aux environs de la wilaya de Tanger.
Elle connaît de plus en plus de visites, surtout parmi les férus d’arts plastiques et les artistes-peintres. J’ai reçu la visite de personnalités éminentes; entre autres celle de plusieurs ambassadeurs en poste au Maroc. Je viens de recevoir la visite de l’ambassadeur du Maroc à Madrid, Omar Azzimane, des représentants de la compagnie Christie’s, spécialisée dans les ventes aux enchères d’œuvres d’art.

Comment arrivez-vous à concilier entre la direction, votre galerie et votre métier d’artiste-peintre ?
J’ai aménagé un atelier dans ma galerie où je passe le plus clair de mon temps à travailler. Je suis artiste-peintre avant d’être galeriste. Je sens que je me donne corps et âme à un art que j’aime depuis l’enfance. Je ne cesse de le pratiquer en travaillant sur une toile ou en enseignant les arts plastiques au lycée Moulay Youssef à Tanger.

Constatez-vous un intérêt populaire pour les arts plastiques ?
Je trouve que trop peu de gens s’intéressent aux arts plastiques. C’est pourquoi il n’y a pas beaucoup d’artistes-peintres à Tanger comme c’est le cas à Asilah. Ce qui est déplorable. Comme l’a noté Maurice Denis dans l’un de ses écrits, «l’artiste qui n’exploite pas ses dons artistiques est comme un esclave paresseux».
Je rends donc hommage aux artistes-peintres tangérois qui se sont distingués aux niveaux national et international ; à savoir Rédouane El Ghazoui, Fquih Regragui, Ahmed El Berrak, Abderafaâ Gueddali et Ahmed Azouz.

Parlez nous de votre art ? Tanger vous inspire-t-elle  ?
Je fais partie des artistes-peintres qui pratiquent la scénographie. Je peins des personnages expressifs, des portraits et le corps humain en général. J’ai toujours aimé Tanger puisqu’elle est ma ville natale. Je la considère comme une bonne source d’inspiration pour tous les artistes. Personnellement, je dois réunir plusieurs facteurs pour créer une ambiance à même de me permettre de bien travailler. Je crois que ma passion pour la musique et le théâtre m’aide beaucoup dans mon métier d’artiste-peintre. Je suis très curieux et je m’intéresse à tous les domaines. Je suis toujours branché sur la chaîne de télévision Mezzo qui me comble avec ses émissions culturelles où tous les arts se côtoient.

Entretenez-vous des liens avec des artistes-peintres tangérois ?
Nous nous voyons souvent pour discuter de nos projets. Nous organisons, de temps en temps, des expositions collectives à Tanger, au Maroc et à l’étranger.
Je me considère, d’ailleurs, comme l’ami de tous les artistes-peintres marocains. A preuve, le vernissage de ma galerie a connu la présence de plusieurs artistes-peintres marocains dont Mohamed Chebaâ, Saâd Benseffaj, Meki Mghara, Mouad Jbari, Mohamed Anzaoui, Mohamed Melihi et Abdelkader Melihi. J’entretiens aussi de bonnes relations avec des artistes-peintres étrangers établis à Tanger. J’échange les visites avec le sculpteur espagnol, Carlos Ibarra et sa sœur, la sculptrice Therasa Ibarra ainsi qu’avec le peintre chilien Claoudio Bravo.
 

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