Bouhchichi : Un peintre de perspective

Bouhchichi : Un peintre de perspective

Des toiles de couleurs ocres, violettes, rouges foncées meublent l’espace de la galerie Mohamed El Fassi. Elles forment l’exposition qui se poursuit jusqu’à ce mercredi 9 mars 2005 à la galerie Mohamed El Fassi à Rabat. Ces toiles de dimension moyenne appartiennent à l’artiste-peintre M’barek Bouchichi. Ce peintre fait partie d’une jeune génération d’artistes, inconnu de la scène artistique.
Né en 1975 à Akka, un petit village près de Tata au Sud du Maroc, M’barek Bouchichi vit et travaille à Tiznit. Il obtient en 1994 son baccalauréat d’arts plastiques et intègre le Centre régional pédagogique de Rabat où il suivit une formation en arts plastiques.
Deux ans plus- tard, il devient professeur d’arts plastiques au Collège Sidi Hssain à Lkhssaf, un village à 40 km de Tiznit. M’barek Bouchichi dispense jusqu’à aujourd’hui des cours dans cet établissement.
Parallèlement à ses occupations et à ses engagements professionnels, M’Barek Bouhchichi vaque à son travail pictural. Ses tableaux façonnés en toile de coton mettent en scène la technique mixte sur toile. L’artiste utilise toutes sortes de matériaux, pigments, goudron, acryliques. Tout cela donne lieu à une peinture très pigmentée, les couleurs sont très foncées. Contrairement à ses recherches précédentes, M’barek Bouchichi déclare avoir changé de ton. « Aux prémisses de cette recherche que j’ai débuté en 2003, j’utilisais des couleurs très joviales, il y avait plus de transparence, maintenant je vire beaucoup plus vers des couleurs ternes, chaudes » déclare l’artiste. Mais si les couleurs ont changé et évolué dans le travail de cet artiste, la composition, elle, est intacte. « Elle se présente toujours sous forme de plans superposés ou opposés » souligne le critique d’art marocain Moulim Laroussi.
Les toiles de M’barek Bouchichi sont tridimensionnels, des carrés, rectangles qui se superposent sont le noyau dur des tableaux de cet artiste du Sud. Le haut de la toile s’oppose et se juxtapose avec le bas. Cette juxtaposition laisse apparaître un certain contraste des couleurs.
Les carrés et les couleurs sont en mouvement, ils se déplacent dans la vue du spectateur du tableau. En effet, cette juxtaposition de formes et de couleurs crée une situation de perspective.
Outre cette perspective, il y a également un sentiment de profondeur traduite à travers les toiles de Bouhchichi. Une profondeur qui dirige le spectateur vers une sorte de vide qui se construit. Tel que le suggère l’artiste « le monde en mouvement de ces toiles est aussi un monde inachevé, incomplet et non encore tout à fait construit ».
Le vide qui règne est symbolis, traduit et représenté par le blanc qui existe dans la toile. Le blanc qui fait partie intégrante de l’oeuvre et mis lui aussi en perspective semble être la condition même du mouvement. Selon le peintre, ses oeuvres qu’il expose actuellement à la galerie Mohamed El Fassi puisent leur influence de son propre espace de vie. « Elles incitent à la méditation puisqu’elles mettent en scène l’immobilité du silence » ajoute M’barek Bouhchichi.
Tout cela s’intégre dans la tridimensionnelle de l’oeuvre de Bouhchichi. Une tridimensionnelle qui selon lui est fonctionnelle, dans une plage de couleurs, la perspective en 3 dimensions se crée. Ces tableaux sont exposés actuellement dà la galerie Mohammed El Fassi à Rabat jusqu’au mercredi 9 mars 2005.

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