Bruno Dumont secoue Saint-Sébastien avec «Hadewijch»

Bruno Dumont secoue Saint-Sébastien avec «Hadewijch»

Le réalisateur français Bruno Dumont a secoué mardi le festival de Saint-Sébastien (nord) avec «Hadewijch», un film dérangeant sur la foi aveugle d’une jeune parisienne, qui la pousse à commettre l’irréparable, projeté en compétition officielle. L’autre film présenté mardi, «Get Low», de l’Américain Aaron Schneider, raconte l’histoire touchante d’un vieillard préparant ses funérailles, admirablement interprété par l’acteur américain Robert Duvall, 78 ans. Pour «Hadewijch», Bruno Dumont, récompensé à deux reprises au festival de Cannes par le Grand prix du jury , pour «L’humanité» (1999) et «Flandres» (2006), a choisi comme à son habitude une actrice débutante, Julie Sokolowski, pour jouer le rôle principal de Céline. Cette jeune parisienne issue d’un milieu très aisé se dit «amoureuse de Dieu». Novice dans un couvent, soeur Hadewijch est renvoyée chez elle tant sa foi effraie les religieuses.
La rencontre de Yassine et de son frère Nassir va bouleverser sa vie et la conduire sur les chemins dangereux de l’islamisme radical. Avec ce film, Bruno Dumont interpelle et dérange une habitude chez ce cinéaste. En 1999 déjà, «L’humanité», avec des images choc sur le viol et le meurtre d’une fillette, avait fait scandale sur la Croisette.n
«Ce qui est ambigu, c’est la beauté de l’amour qu’elle a pour Dieu, une merveille qui est capable de conduire au pire», comme «les jeunes gens qui posent des bombes au nom de Dieu», a déclaré Bruno Dumont en conférence de presse. «Je vois des spectateurs enthousiastes, et d’autres perplexes, mais je pense que c’est la même chose, il faut du temps pour que le film fasse son chemin», a-t-il ajouté. Autre décor, autre ambiance avec «Get low», qui se déroule dans l’Amérique rurale des années 1930. Aaron Schneider y raconte l’histoire de Felix Bush, un ermite vivant reclus dans la forêt depuis 40 ans à propos duquel circulent toutes sortes de rumeurs au village. L’homme se sent vieillir et décide un jour d’organiser ses funérailles. Il s’adresse donc d’abord au pasteur puis aux pompes funèbres. Mais son idée est saugrenue: il veut participer à ses funérailles, donc qu’elles aient lieu de son vivant. D’abord sceptique, le responsable des pompes funèbres Quin, joué par Bill Murray, se sent rapidement appâté par l’argent que ce projet représente et accepte d’organiser une «fête de funérailles en vie», à laquelle est convié tout le village. Cela sera l’occasion pour M. Bush de raconter à tout le monde un secret enfoui depuis 40 ans. La révélation finale est toutefois décevante tant l’attente créée au cours du film est grande. «Ce personnage est spécial pour moi. Il est intéressant, rural, mais très hermétique», a déclaré en conférence de presse, en espagnol, Robert Duvall, qui avait été récompensé en 2003 à Saint-Sébastien avec un prix «Donostia» pour l’ensemble de sa carrière. Le jury présidé par le réalisateur français Laurent Cantet devra faire son choix parmi les quinze films en compétition pour attribuer samedi le Coquillage d’or (Concha de oro), la principale récompense du festival.
 
Par Virginie GROGNOU
AFP

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