Censure et diplomatie au Liban

La nouvelle est tombée comme un couperet. Le procureur général de la République, Adnane Addoum, a affirmé, jeudi que l’interdiction faite à la chaîne privée libanaise, New Television (NTV) de diffuser une émission sur l’Arabie saoudite visait à préserver les bonnes relations entre son pays et le royaume.
« L’interdiction a été décidée pour sauvegarder les relations entre le Liban et l’Arabie saoudite où travaille un grand nombre (150.000 environ) de Libanais », a déclaré M. Addoum à l’AFP. Il a ajouté « que du moment que la NTV a exécuté l’ordre de la justice, elle ne risque aucune poursuite ».
La NTV, farouchement opposée au Premier ministre libanais Rafik Hariri, un ami personnel du roi saoudien Fahd Ben Abdel Aziz, s’est abstenue, mercredi soir, de diffuser une émission sur l’Arabie saoudite à la suite d’une requête de M. Addoum. NTV a diffusé un Talk-show politique à la place de l’émission interdite qui devait être un débat sur la situation en Arabie saoudite en général, ainsi que sur l’opposition saoudienne. L’interdiction a été décidée après le refus du patron de NTV, Tahsin Khayat, d’annuler l’émission sur l’Arabie saoudite comme le lui demandait le ministre de l’Information Ghazi Aridi.
Pour empêcher sa diffusion vers le monde arabe, le ministère des Télécommunications, à la demande de M. Hariri, avait pris en journée la précaution de couper le relais satellitaire de la station Jouret al-Ballout (nord de Beyrouth). Le ministre des Télécommunications Jean-Louis Kordahi a précisé mercredi que cette mesure resterait en vigueur jusqu’à la prochaine réunion du Conseil des ministres, le 9 janvier. Vendredi, la Cour d’appel des imprimés, instance chargée des délits de presse au Liban, avait rejeté le deuxième appel contre le maintien de la fermeture de la chaîne privée de l’opposition anti-syrienne, MTV.

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