Chine : Shanghai redonne un nouvel éclat à l’Exposition universelle

Chine : Shanghai redonne un nouvel éclat à l’Exposition universelle

Des États-Unis à la Corée du Nord, peu de pays manquent à l’appel de cette première Exposition universelle organisée par la Chine, à Shanghai, qui sera inaugurée avec faste vendredi et consacre la prééminence du pays asiatique sur la scène internationale. Pour l’occasion, de nombreux chefs d’Etat étrangers, comme le président français Nicolas Sarkozy, le Sud-coréen Lee Myung-bak et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, seront présents sur les rives de la rivière Huangpu, illuminées par les feux d’artifice. Quelque 192 pays étaient prévus, un record, mais, mercredi, les organisateurs ont annoncé le retrait de trois Etats: Bhoutan, Koweit et Burkina Faso, sans en donner les raisons. Sur le site, une ville en lui-même avec ses 5,3 km2, deux fois la taille de la principauté de Monaco, des ouvriers mettent la dernière touche à certains pavillons, encore inachevés, et aux platebandes de fleurs. Mais la plupart des bâtiments sont prêts, certains plus extravagants que d’autres, sur le thème de «Better Life, Better City» («Meilleure vie, Meilleure ville»), mélange de propositions pour la civilisation urbaine à l’heure du développement durable et de démonstrations de force technologiques. Shanghai a dépensé 400 milliards de yuans (40 milliards d’euros) dans les infrastructures, selon des médias locaux, plus que Pékin pour les jeux Olympiques il y a deux ans. La ville dans son ensemble s’est métamorphosée avec de nouvelles lignes de métro et un réaménagement du mythique Bund, promenade de deux kilomètres. La sécurité a aussi été renforcée pour éviter tout problème et les éventuels fauteurs de trouble, comme les pétitionnaires, ont été éloignés. Les organisateurs attendent jusqu’à 100 millions de visiteurs durant les six mois que va durer l’événement, majoritairement chinois. Certains pays, comme l’Espagne, ont misé sur un mélange de traditions et de modernité, avec un voyage multimédia à travers l’histoire du pays. «Nous sommes un pays traditionnel, avec ses racines dans le passé, mais nous sommes résolument lancés dans le futur, tout comme la Chine, un pays légendaire mais aussi tourné vers l’avenir et la croissance», explique Maria Tena, commissaire générale du pavillon espagnol. La France joue aussi sur l’alliance du moderne et de l’ancien, sur le thème de la «ville sensuelle». La Grande-Bretagne a choisi d’étonner afin de rompre avec les clichés collant à la peau des Britanniques en Chine, chapeaux melon et parapluie… L’architecte Thomas Heatherwick a conçu un bâtiment qui attire les regards, avec 60.000 tiges d’acrylique qui bougent et captent la lumière. Au centre, un tout petit espace silencieux, sombre le jour, lumineux la nuit, d’où partent les tiges, au bout desquelles des semences sont enfermées. Cette «cathédrale des semences», qui ressemble aussi à un «hérisson», a déjà remporté les faveurs des visiteurs lors des journées test, photographiée de tous côtés. Mais le pavillon chinois, une pyramide inversée de couleur rouge, écrase de sa masse tous les autres. A l’intérieur est diffusé, sur 360 degrés, un film de propagande, la «Chine harmonieuse», slogan du régime communiste sous l’ère Hu Jintao. L’organisation par la Chine de l’Exposition universelle, la plus grande de l’histoire, a incontestablement redonné du lustre à un événement, né au XIXe siècle et qui semblait un peu désuet à l’heure d’Internet. La grande puissance émergente et troisième économie mondiale suscite les appétits. «2010 est un moment où la Chine a un développement économique très fort et éclatant», a déclaré mercredi Vincente Gonzales Loscertales, chef du Bureau international des expositions, organisme qui gère les Expositions universelles. «C’est aussi un moment où le monde veut venir en Chine», a-t-il avancé.

  François Bougon (AFP)

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