Cinéma : Les gangs of New York s’emparent des écrans

C’est la saison des films-fleuve, 2h40 pour le jeune apprenti-sorcier, 3h00 pour Le Seigneur des anneaux et 2h50 pour l’ambitieuse fresque historique de Martin Scorsese. Dans le sang et la violence, le réalisateur américain brosse la naissance de l’Amérique d’aujourd’hui.
Une saga de près de trois heures qui oppose, avec la sauvagerie des guerres tribales, Leonardo DiCaprio et Daniel Day-Lewis. Attendue depuis plus d’un an, repoussée à la suite des attentats du 11 septembre 2001, cette ambitieuse fresque, qui sort dans 750 salle du monde entier ce mercredi, a été mise en chantier en septembre 2000 dans les studios romains de Cinecitta. La Grosse Pomme est le creuset sanglant où s’affrontent au XIXème siècle les Natifs, anglo-saxons protestants, et les immigrants catholiques qui fuient par dizaines de milliers la famine en Irlande pour chercher le rêve américain sur les quais de Manhattan. L’histoire individuelle d’Amsterdam Vallon (Leonardo DiCaprio), qui veut se venger de William Cutting (Daniel Day-Lewis), alias Bill le Boucher, recoupe celle, tout aussi violente, des Etats-Unis où commence la Guerre de Sécession.
Le réalisateur de Taxi driver, Mean streets, New York, New York et L’âge de l’innocence plonge le spectateur dans le bruit et la fureur d’un monde à la gestation difficile, marqué par le péché originel du meurtre. Les féroces guerriers qui émergent de l’antre fantastique, imaginé par le chef décorateur italien Dante Ferretti, tiennent de l’homme des cavernes et de Mad Max.
Dans une ville dirigée par des politiciens corrompus, où tout s’achète même les cadavres, on tue à coups de serpe, de hache, de casse-tête. On pend, on danse la gigue et on fume l’opium dans l’extraordinaire Pagode chinoise. Martin Scorsese, 60 ans, petit-fils d’émigrants siciliens, filme avec virtuosité un melting-pot en fusion, hommage funèbre à sa ville et à son instinct de survie, incarné par les deux héros.
La génèse de ce film-fleuve, produit par Miramax pour un budget estimé à 100 millions de dollars, remonte à plus de 30 ans, à l’époque où La porte du paradis de Michael Cimino, autre coûteuse saga, se solda par un fiasco financier.

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