Clôture à Casablanca du salon du livre

Clôture à Casablanca du salon du livre

Les avis des professionnels sont unanimes : l’organisation du Salon international de l’édition et du livre de Casablanca s’est améliorée par rapport aux années précédentes. Des stands bien aménagés, un circuit fluent et moins de livres porteurs d’idéologies, moins de produits bas de gamme. Même les éditeurs qui étaient sévères jusque-là envers le salon sont revenus de leur a priori. C’est le cas de Nadia Essalmi, directrice des éditions Yomad, qui explique à ALM : “Certes ce n’est pas encore le salon espéré, mais les efforts consentis pour son amélioration méritent d’être salués. Si les organisateurs continuent sur cet élan-là, dans deux ou trois ans, on aura un très beau salon“. A ce sujet, l’éditeur Abdelkader Retnani lance un vrai cocorico aux organisateurs : “cette fois-ci, le SIEL était digne d’un salon international“.
Autre nouveauté à mettre à l’actif des organisateurs : les actions initiées envers les établissements scolaires. Des centaines d’écoliers ont visité les stands du salon. Ils ont mis une note juvénile à un secteur qui souffre du vieillissement de ses clients et de leur petit nombre. La présence des enfants au salon est particulièrement saluée par les éditeurs.
Les lecteurs de l’avenir ne font pas oublier à nombre de professionnels la situation actuelle du livre. “La vraie problématique demeure le lecteur.
Les visiteurs achètent peu de livres. Pour notre part, on ne peut même pas dire que nous espérions rentrer dans nos frais, puisque nous visions avant tout une opération de communication“, explique Meriem Kabbaj, directrice de la communication et du développement à Sochepress. Cet avis est partagé par le directeur des éditions Eddif : “le stand m’a coûté 25.000 DH et j’ai fait seulement 20.000 DH de recettes. Mes ventes étaient bien meilleures l’année dernière“. “C’est un casse-gueule. Nos pertes ont été sèches“, renchérit un éditeur. Cette baisse des ventes est imputée par les intéressés au défaut de communication de la part du ministère de la Culture. “Les trois premiers jours, il n’y avait pas un chat au salon“, explique Mohamed Gounjjar président de l’Association marocaine des professionnels du livre (AMPL) et directeur du livre à Sochepress. Ses propos sont étayés par ceux d’un autre professionnel : “la défaillance était totale sur le plan de la communication qui a commencé trois jours seulement avant la fin du salon“. Ce dernier ajoute que les invitations n’ont pas été remises aux personnes susceptibles d’être des complices de l’industrie du livre. “Aucune action n’a été initiée en direction des documentalistes, libraires, universitaires. Des personnes capables de servir le livre n’ont pas été conviées à participer à l’événement“.
Le manque de communication a déteint sur les conférences et signatures de livres. Certains expliquent à cet égard que le haut-parleur a cessé d’annoncer les signatures des auteurs, après le premier jour du salon. Mieux. Certains invités annoncés dans le programme des conférences ne sont pas venus. En dépit de ces carences, l’édition de cette année se démarque réellement des précédentes. Des efforts restent toutefois encore à fournir pour faire du SIEL une véritable fête du livre.

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