Des projets culturels qui rapprochent

Des projets culturels qui rapprochent

Le gouvernement autonome d’Andalousie ne regarde plus que vers le Maroc. Quelques actions soulignaient déjà son intérêt pour le Royaume. Elles sont majoritairement culturelles. En témoignent le concert à Rabat du chef d’orchestre israélien Daniel Barenboïm, l’exposition regroupant des plasticiens espagnols et marocains (Affinités) et le premier festival des Andalousies Atlantiques d’Essaouira. Ces manifestations, qui portent la marque du gouvernement andalou, ne sont que l’avant-goût de ce qui s’apparente à une stratégie de partenariat dûment réfléchie. Car, il faut s’attendre à bien plus. C’est ce qu’ont détaillé, lors d’une conférence de presse, Mohamed Achaâri, ministre de la Culture et Manuel Chaves, président du gouvernement autonome d’Andalousie. Outre l’exposition, intitulée «Triangle Al-Andalous», «la première du genre au Maroc», comme l’a expliqué Mohamed Achaâri, plusieurs projets culturels ont été initiés entre le gouvernement autonome d’Andalousie et le ministère de la Culture. Le musée archéologique et ethnologique de Tétouan a été entièrement «restauré, réhabilité et équipé», selon le ministre de la Culture, grâce au travail en commun des deux instances. Pareil pour le musée Al Kasaba à Tanger. Et un grand projet muséal sera lancé à Tétouan. Il vise la transformation de la gare routière de la ville en musée d’art moderne. Cet établissement sera dédié aux peintres du Nord et à leur maître à penser : l’Orientaliste espagnol Marigno Bertuchi. Manuel Chaves ne cache pas l’intérêt de son gouvernement pour une région précise du Maroc. «Pour des raisons que tout le monde comprend, compte tenu de la proximité géographique et culturelle de l’Andalousie avec le nord du Maroc, il est normal que notre intérêt se situe dans les régions du Nord», a-t-il dit. Il a ajouté que l’action de son gouvernement vise à «renforcer les relations entre le Maroc et l’Espagne que nous voulons non seulement normales, mais exceptionnelles». Interrogé par ALM sur les raisons de l’intérêt soudain du gouvernement autonome de l’Andalousie pour le Maroc, Manuel Chaves a répondu que «l’Andalousie est la première ligne de réception des Marocains en direction de l’Union européenne». Il estime par conséquent qu’il est normal de réfléchir à une politique de partenariat durable. Il a également souligné que cette coopération n’est pas à sens unique, puisque la Fondation des trois Cultures, dont le siège se trouve en Espagne, vise aussi à présenter la réalité du Maroc en Espagne. Manuel Chaves a également précisé que l’action de son gouvernement en direction du Royaume ne se limite pas à la culture. L’économie et le social sont à l’ordre du jour. Il a, de surcroît, démenti les informations relatives au mécontentement de son gouvernement quant à la construction du nouveau port de Tanger. «Nous ne nous faisons aucun souci sur le nouveau port de Tanger. On ne peut ni s’opposer, ni formuler la moindre réserve au souhait légitime de développement de ce pays». Après cette conférence de presse, les assistants se sont rendus au musée des Oudayas qui abrite une très belle exposition : «Triangle Al-Andalous». Des pièces empruntées à des musées marocains, espagnols et syriens y sont présentées. Elles sont la marque patente «de cet héritage commun» dont a parlé avec des termes enthousiastes le ministre de la Culture.

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