Deux hommes contre un syndicat

L’actuel secrétaire-général du Syndicat des Plasticiens Marocains, Abdellatif Zine, espère fédérer tous les peintres et sculpteurs du pays dans un seul syndicat. L’Assemblée du dimanche se distingue à cet égard par une grande nouveauté. Ceux que l’on appelle, à Casablanca, les peintres de Rabat y seront présents. À commencer par le plus connu d’entre eux, Fouad Bellamine, qui précise : «L’intérêt d’un syndicat qui défend les droits des artistes dans ce pays est considérable. Il ne s’agit pas dans ce syndicat de désigner qui est bon et qui ne l’est pas, mais de défendre un corps de métier.
En tant qu’artiste peintre, je vais assister à la réunion de dimanche et voir comment les choses vont se dérouler». Mais tous les artistes de Rabat ne sont pas de son avis. Puisque Karim Bennani, président de l’Association Marocaine des Arts Plastiques (AMAP), a décidé de ne pas se déplacer à Casablanca dimanche prochain. « Je ne me rendrai pas aux travaux de ce syndicat. Nous sommes en train de créer notre propre syndicat à Rabat. Les travaux avancent.
Les peintres membres de l’AMAP ne déplaceront donc pas à Casa», dit-il. Et d’ajouter : «Ce syndicat ne peut être représentatif de tous les artistes marocains, puisque nous n’y serons pas». Un autre syndicat est donc en train de se créer à Rabat ! Compte non tenu de la querelle entre le syndicat qui existe et celui qui va naître, l’importance d’un syndicat d’artistes peintres n’échappe à personne. A l’ordre de celui dont Abdellatif Zine est l’actuel secrétaire-général : réduire le bureau exécutif de 17 à 11 membres, composer le bureau national des représentants de régions qui seront soit élus, soit désignés par le bureau exécutif et élire le nouveau secrétaire-général. Abdellatif Zine va se présenter de nouveau à ce poste. Il précise toutefois que quiconque présentant “les qualités requises” peut se porter candidat. Interrogé sur ces qualités, il répond : «N’importe qui ne peut pas se présenter au poste de secrétaire-général. Il faut qu’il ait une certaine notoriété dans le pays, qu’il soit connu par son militantisme pour l’art et qu’il ait aussi un minimum de confort matériel pour assurer le déroulement des activités du syndicat. Il est inadmissible qu’une personne se présente aux élections alors qu’elle rechigne à passer un coup de fil de son portable». Créé en 1996, le syndicat des plasticiens marocains ne peut pas se flatter d’un bilan positif. Mais s’il réussit à réaliser les objectifs qu’il s’est fixés, il aura contribué à rendre la vie des artistes plasticiens moins pénibles. Il se bat dans ce sens pour que le matériel dont ils se servent dans leur métier soit libre de passage à la douane.
La couverture médicale des artistes est également chère à ce syndicat. Et enfin la reconnaissance d’un artiste par une carte professionnelle validée par le Ministère de la Culture. Abdellatif Zine lance un appel à tous les artistes plasticiens marocains pour qu’ils se rendent massivement au complexe Sidi Belyout. Il s’est même déplacé à Rabat pour convaincre les peintres de cette ville de ne pas boycotter le rendez-vous de dimanche.
Lors d’un déjeuner auquel étaient présents tous les grands peintres de Rabat, il a été convenu que le bureau exécutif du syndicat serait composé à part égale entre les artistes des deux villes : cinq peintres de Rabat et six peintres de Casablanca.
Cette résolution a semble-t-il satisfait tout le monde, mais après que Zine ait quitté la salle, un peintre a déchiré la carte d’invitation au rendez-vous de dimanche… Il est clair que le conflit naissant entre ces deux syndicats est aussi l’histoire d’une longue inimitié entre deux personnes.

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