Dina Bensaïd : Chaque artiste essaye de «servir» le compositeur

Dina Bensaïd : Chaque artiste essaye de «servir» le compositeur


ALM : Quel sentiment cela vous fait-il d’interpréter le Concerto en Sol de Ravel aux côtés de l’OPM ?
Dina Bensaïd : C’est pour moi toujours un très grand plaisir et une grande fierté de jouer au Maroc avec cet orchestre. C’est un orchestre que j’ai vu grandir tout comme il m’a vu accumuler les années. Je suis d’autant plus heureuse qu’il s’agit du Concerto de Ravel qui est une œuvre phare du répertoire pianistique, d’une exceptionnelle beauté et mêlant tous les styles.

Outre Ravel, l’OPM présentera des œuvres de Debussy et Berlioz. Est-ce une tâche aisée de travailler sur ces grands compositeurs en tant que pianiste professionnelle?
C’est surtout une grande chance d’avoir accès de si près à de telles œuvres. Plus on passe du temps à travailler une œuvre, plus on découvre ses secrets, et plus on l’aime.
Ce n’est évidemment pas simple, parce qu’il faut réussir à démystifier ces pages de musique. Certes, ce sont de grands compositeurs, mais il faut se dire que ce sont, avant tout, des hommes, et qu’ils relatent des sentiments humains que chacun d’entre nous peut vivre. Il y a même une sorte d’humilité à avoir. Chaque artiste avec ses propres moyens et sa propre expérience personnelle essaye du mieux qu’il peut pour «servir» le compositeur.

Vous avez été nommée à plusieurs reprises «meilleur espoir marocain». N’aspirez-vous pas à une autre nomination qui mettra davantage en valeur votre parcours ?
Je ne suis pas vraiment à la recherche de «nomination officielle», nous ne faisons pas ce métier pour être décorés, ce qui compte, c’est de donner du plaisir au public, créer des émotions en chacun, surprendre, étonner, bercer, réconforter un maximum de personnes dans une salle. Certes, être nommée «espoir marocain» fait plaisir, mais je ne suis pas à l’affût de décoration.

Quel commentaire faites-vous des concerts d’ouverture de l’OPM?
Les concerts d’ouverture donnent le ton de toute une saison. Les musiciens ont en général hâte de retrouver l’adrénaline de la scène et la magie des tournées. Cette année, les concerts d’ouverture ont comme thème la musique française. Il s’agit d’un registre assez peu joué au Maroc, le public va pouvoir découvrir une nouvelle facette de la musique classique. Le Concerto de Ravel que j’interprète avec l’OPM est d’une pure beauté, il s’agit d’une œuvre qui se joue des conventions et mélanges de tous les styles, y compris le jazz. La symphonie fantastique de Berlioz est un pilier du répertoire pour orchestre, cette œuvre traite autant de la beauté et de l’élégance que des ténèbres et du démon. C’est donc une œuvre très complète, Berlioz demandait lui-même à l’orchestre de tantôt murmurer, tantôt chanter, crier et même hurler. C’est dire la diversité des univers que présente cette œuvre.
Quant au Prélude à l’après-midi d’un Faune de Debussy, je me contenterai de citer le compositeur qui parle de son œuvre : «La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Mallarmé, elle ne prétend pas en être une synthèse. Il s’agit plutôt de fonds successifs sur lesquels se meuvent les désirs et les rêves du Faune dans la chaleur de cet après-midi».

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