Exposition à Rabat : Le Kairos mêlé à la poésie environnementale par Morjani

Exposition à Rabat : Le Kairos mêlé à la poésie environnementale par Morjani

Si d’aucuns artistes-peintres n’ont quasiment explicité sur leurs toiles leur appel à la préservation de l’environnement, Fatime Zahra Morjani, elle, le fait à sa manière. «Avec poésie !», dit-elle, jeudi à Rabat, lors du vernissage de son exposition qui s’étalera jusqu’au 23 mars. Le propos de l’artiste, qui fait de l’art abstrait, s’est confirmé lors d’un tour qui a laissé voir des petits poèmes à l’instar de «Si vous saviez» illustrant une de ses œuvres. Une toile qui, au sens de la rédactrice de ces lignes, exprime, de par les couleurs rouge, noire et blanche, le souci de Fatima Zahra Morjani quant à la sauvegarde de l’environnement. «Je veux insinuer que c’est le moment de prendre soin de notre environnement à l’échelle planétaire. La terre n’a pas besoin de nous, elle va se reconstituer. C’est l’espèce humaine qui est précieuse, qui risque de disparaître. Tel est le message véhiculé dans l’exposition», explique-t-elle.
Ce moment, tout comme l’exposition, s’appelle Kairos que Fatima Zahra Morjani a emprunté à un dieu grec portant la même dénomination et signifiant le moment opportun. Il s’agit d’un dieu qui a une touffe de cheveux et au moment où il passe, on tend la main pour attraper cette touffe, ainsi  on saisit l’opportunité.
Outre le Kairos, les œuvres de l’artiste-peintre sont une invitation à une prise de conscience au quotidien. C’est pourquoi, elle  utilise des matériaux de récupération à l’instar du goudron, des feuilles mortes d’arbres et de la melhfa, entre autres. Ce tissu, qui est l’habit de la femme sahraouie, symbolise l’universalité aux yeux de l’artiste. C’est aussi un vêtement s’apparentant à la tenue que portaient les femmes grecques et au sari indien. «C’est un habit de la femme et de l’humain en même temps», enchaîne Fatime Zahra Morjani qui garde espoir en l’être-humain ayant toujours besoin de la nature et censé changer de comportement à l’égard de celle-ci.
Hormis les couleurs précitées, l’artiste utilise du pétrole ou des touches d’or, ou la «chegga», habit de la mariée sahraouie, ou encore une lueur au bout d’un tunnel. De quoi exprimer davantage ce sentiment d’optimisme.
Pour information, l’exposition Kairos se produira également en Côte d’Ivoire et à Singapour en 2015.
 

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