Fatima Cheguer : «Je suis fière d’être bent Derb Sultan»

Fatima Cheguer : «Je suis fière d’être bent Derb Sultan»



ALM : Que symbolise pour vous le quartier Derb Sultan?
Fatima Cheguer : Derb Sultan est mon quartier préféré. Ce quartier est le symbole de la liberté et des militants, d’ailleurs le nom du boulevard El Fida en est la preuve. Ce quartier, surtout après l’indépendance, a donné naissance à une génération militante et courageuse dans tous les domaines.
Des mères qui ont lutté pour leurs enfants, des enfants qui ont lutté pour leur avenir et des hommes qui ont lutté, de leur côté, pour l’émancipation et l’évolution du pays. Et tant que marocaine et casablancaise qui aime son pays, je suis avec intérêt tous le parcours et les événements du Maroc que je décris en poèmes.

Quels sont les souvenirs que vous en gardez?
Mes souvenirs avec ce quartier et généralement avec Casablanca ont commencé par la peur mais finissent par la joie. La peur, c’était la période de la colonisation du Maroc. Le boulevard El Fida où j’habitais était occupé par les Sénégalais. Ces derniers nous faisaient sortir de force de chez nous en file indienne, nos mains sur la tête, afin de pouvoir fouiller nos affaires. Ceci dit et après l’indépendance, j’ai eu aussi peur, étant amoureuse de ma ville, quand j’ai vu disparaître le théâtre municipal où j’ai débuté ma carrière en 1966 avec les professeurs Taïb Seddiki, Abdeladim Chennaoui, Abdelkader Badaoui, Hammadi Amor, et bien d’autres. Par ailleurs, ma joie est née du fait que je vois actuellement Casablanca s’acheminer vers l’évolution et l’émancipation.  L’un de mes beaux souvenirs se rapporte également à ma participation à la Marche Verte. Dans le cadre de cette Marche, j’étais responsable de 272 femmes participantes de Derb Sultan-El Fida. En fait, je suis fière d’être bent Derb Sultan, mais cela ne m’empêche pas d’aimer tout le Maroc.
 
Est-ce que vous gardez toujours des liens avec Derb Sultan?
Oui, je garde des liens avec Derb Sultan où j’habite toujours. Chaque jour, je respire son air, je contemple son évolution, je souris à ses habitants, j’éduque ses enfants et j’aide tout le monde ne serait-ce que spirituellement.
 
N’avez-vous jamais pensé à constituer une association réunissant les artistes de ce quartier?
L’un de mes rêves est de constituer une grande association à Derb Sultan. Avec plusieurs artistes de ce quartier, notamment la troupe Al Ourouba et d’autres, on avait fait plusieurs tentatives à ce sujet depuis les années 1980. Mais le même problème qui se pose toujours est l’absence d’un local. A part cela, on est un grand nombre d’artistes de Derb Sultan prêts à constituer une association à la hauteur de l’évolution que connaît ce quartier.

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