Hadrami : une danseuse née sous une bonne étoile

Hadrami : une danseuse née sous une bonne étoile

ALM : Vous êtes née en France et après des études littéraires à la Sorbonne, vous avez poursuivi une formation professionnelle de danse contemporaine au Conservatoire supérieur de Paris. Qu’est-ce qui vous a motivée à revenir au Maroc ?
Amal Hadrami : J’aimerais préciser que mes parents appartiennent à la vieille génération d’émigrés. Je suis née en France, mais je suis restée constamment attachée à mon pays, et à mes racines. C’est pour cette raison, qu’il y a trois ans, j’ai décidé de revenir chez moi pour effectuer une recherche sur les arts populaires au Maroc. C’était au départ pour une durée déterminée. Mais le destin en a décidé autrement et ce n’est pas pour m’en déplaire. Je me sens tout à fait dans mon élément aussi bien en France qu’au Maroc. Ainsi cela fait maintenant trois ans que je suis bien installée ici.

Est-ce suite à ces recherches, que vous
avez réalisé la pièce Safar… voyage au goût de terre ?
Oui effectivement. Ce sont ces mêmes recherches qui m’ont inspirée dans cette chorographie. J’ai eu l’idée de mettre en scène un danseur de Zagora spécialisé dans les jeux de l’Aglaal qui sont typiques de cette région du Sud. L’idée c’était de laisser se rencontrer la danse traditionnelle avec la moderne. J’ai proposé cette idée au directeur de l’Institut français de Casablanca. Il a beaucoup aimé le concept de cette chorégraphie. C’est ainsi qu’elle a fait l’objet d’une résidence d’artiste à l’Institut français même. Nous avons fait jusque-là qu’une seule représentation et mon ambition c’est de pouvoir multiplier les représentations et en atteindre au moins une quinzaine. C’est une condition pour que la pièce soit rodée et de lui donner la chance d’être vue.

Comment avez-vous procédé pour effacer l’aspect folklorique des danses populaires dans votre pièce ?
Ce volet que j’estime très important dans la mesure qu’on ne remarque que l’aspect folklorique, est très ancré par exemple lors du Festival des arts populaires de Marrakech. À travers ma chorégraphie, j’ai essayé d’effacer tous les traits de folklore dans la mesure où le danseur d’Aglagal ne possède pas l’étiquette du danseur traditionnel. Sa danse fusionne avec la mienne et cela produit un effet scénique très particulier. On a du mal à distinguer le moderne du traditionnel.

Vous enseignez également la chorégraphie dans une école privée. Comment sont vos rapports avec vos élèves ?
Mes étlèves sont âgés entre 5 à 18 ans et je leur enseigne de la danse classique et contemporaine. Ils sont très attentifs et répondants. Cependant je regrette quelque part d’avoir uniquement de élèves de familles aisées. C’est surtout l’élite casablancaise qui accepte que ses enfants apprennent de la danse. Ceci est dû fait que la danse est encore  tabou dans le société marocaine.

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