Issam Kamal : «nous maintenons le cap»

Issam Kamal : «nous maintenons le cap»

ALM : Les Mazagan multiplient la communication autour du groupe. Quel est le motif d’une telle démarche ?
Issam Kamal : Nous faisons en effet beaucoup parler de notre groupe et de nos concerts. Nous misons beaucoup sur la communication qui est selon nous, un outil très important. En effet, dans un pays où on rencontre des difficultés pour distribuer les albums de musique, où il n’y a pas une véritable industrie du disque, il faudrait trouver d’autres solutions. Au lieu de rester les bras croisés, nous avons opté pour cette solution d’une bonne communication autour du groupe pour annoncer nos tournées, nos concerts et, éventuellement, la sortie des prochains albums.

Votre premier opus «La tradition qui coule» a-t-il eu un bon impact ?
Je reviens encore une fois sur le problème de la distribution.
Le premier album «La tradition qui coule» a été auto-produit. Nous l’avons financé avec nos propres moyens. Par conséquent, c’est nous-mêmes qui l’avons distribué. Toutes les initiatives de vente étaient personnelles. Les membres du groupe étaient obligés de se déplacer dans les villes pour proposer l’album aux quelques boutiques spécialisées qui existent au Maroc. Mais malgré ces difficultés nous avions reçu de bons échos

Etes-vous satisfaits des ventes réalisés ?
L’album n’a pas été très bien diffusé. Nous l’avons vendu à 1000 exemplaires à peine. Par contre sur Internet, les visiteurs de notre site ont la possibilité d’écouter gratuitement tous les titres de l’album. Nous avons remarqué une grande influence des internautes qui nous ont laissé des commentaires sur le site. C’était pour nous une excellente manière de nous faire connaître et de promouvoir l’album.

Vous préparez actuellement un second album pour 2007. Quelle sera la spécificité de cette œuvre ?
Nous allons inscrire ce deuxième travail dans la continuité. Nous n’allons donc pas changer de cap. L’idée c’est de faire évoluer notre musique qui est une sorte de fusion entre le ganoui et le chaâbi en étoffant davantage les textes. Nous voulons aujourd’hui sortir de ce carcan traditionnel et proposer des rythmes plus créatifs pour essayer de ressortir notre personnalité et notre identité. Nous nous devons également de rénover pour être compétitifs.

Pourquoi avoir choisi de reprendre le patrimoine ganoui dans vos compositions ?
C’est un patrimoine musical très riche que nous voulons dorénavant valoriser davantage dans notre album en préparation. Il s’agit d’ôter l’étiquette folklorique qui a souvent accompagné la musique des Gnaouas. Cette musique a connu une grande médiatisation à travers le festival d’Essaouira, nous étions donc en quelque sorte attirés vers cette musique.

Quelles sont vos prochaines dates de tournées ?
Mazagan devait participer au festival de Maroc Telecom Tur, un événement qui est organisé chaque années dans les plages du Royaume par cet opérateur téléphonique.
Dans ce cadre, on devait se produire le 2 août à Khemisset Mais malheureusement le concert a été annulé par décision des organisateurs à cause de la guerre au Liban. C’est par solidarité avec le peuple libanais.

Approuvez-vous cette décision ?
Nous sommes indignés par les atrocités perpétrées par Israël sur le sol libanais. C’est notre devoir d’être solidaires. Cependant, je pense que l’annulation des concerts n’est pas la bonne solution. En faisant cela, nous jouons le jeu d’Israël. C’est ce qu’ils veulent.
L’organisation des spectacles est aussi une activité économique. Cela fait travailler beaucoup de monde. En annulant ces activités c’est des revenus en moins. Je suis personnellement contre ces annulations.

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