Karima Skalli et Haj Youness en clôture

Karima Skalli et Haj Youness en clôture

Les dix jours de cet événement ont été ponctués par des concerts et les conférences du forum «Une âme pour la mondialisation» et où se sont succédé les intervenants les plus prestigieux, bien que quelques invités n’ont pas pu être présents à cause des complications aériennes actuelles. La conférence de clôture de ce samedi au Musée Batha a eu comme thème «Reconsidérer le développement». Y ont pris part Bensalem Himmich, ministre de la Culture, Assia Bensaleh Alaoui, ambassadeur itinérant, et professeur de droit public international économique, Alia Al Dali représentante du PNUD au Maroc et Katherine Marshall conseillère du président de la Banque mondiale. En introduction du débat, Mme. Assia Alaoui a expliqué l’évolution de cette terminologie internationale (développé, sous-développé, en voie de développement, développement durable, etc…) destinée à la classification des pays par les organisations internationales, indiquant qu’ à quelques décennies de la création des Nations Unis, on va tenter de recentrer le développement sur la dimension humaine et non plus que sur la croissance. Selon elle, «la deuxième évolution était d’inclure des contraintes d’environnement. Le troisième élément fondamental c’est le lien paix (sécurité) et développement. Par ailleurs, tous les intervenants n’ont pas manqué de constater la montée des inégalités partout dans le monde: «Comment, donc, aller vers un développement alternatif, respectueux de l’Homme et de la Terre ?». Comme solutions non dénuées de bémols, Mme Bensaleh Alaoui a pointé du doigt la science, le retour à l’écologie ou encore «une utopie» : le fait de radicalement changer de mode de vie. Pour sa part, M.Himmich a estimé qu’il faut «mettre de l’étique dans le marché, renforcer l’État de droit mais aussi redonner aux idées et à la culture leur plein droit». Pour Katherine Marshall, «Chaque pays est diffèrent, il y a des blocs, des briques. Nord -Sud n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui», dit-elle. Et d’ajouter: «Aujourd’hui, nous pouvons offrir un vie décente à tout le monde, nous avons la connaissance, et les moyens. C’est devenu un droit ; et il faut plus d’équité. Et la spiritualité a toute sa place pour repenser le développement». Selon Alia Al Dali, «la richesse est seulement un moyen, ce qui est important c’est d’élargir le choix des personnes». Cette dernière a présenté les critères d’évaluation de développement du PNUD, bien qu’ils on été vivement critiqués et leurs limites expliqués par Mme Assia Alaoui. Aussi, plusieurs modèles ont été avancés, notamment celui du Bhoutan pays qui a élaboré ses propres critères de développement notamment à travers des indices de bonheur. «Il faut considérer l’approche soufie selon laquelle: Ce qu’il faut c’est se changer soit-même pour pouvoir influer et changer le monde», a souligné un intervenant. Par ailleurs, selon M.Skalli, le festival est imprégné de cet esprit d’humanisme mais aussi de concret, cet événement, travaillant dans la durée, permet la création de collaborations et initiatives avec divers associations et institutions.  Après ce débat très animé, les participants ont assisté à un concert assez spécial. Le magnifique duo composé de Karima Skalli et Haj Youness a clôturé le Festival des cultures soufies de Fès samedi au Musée Batha. Un concert hommage à Abu al Hasan Shustri qui a mis fin au festival sur une note positive.

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