La créativité à travers le numérique

Au théâtre 121 de l’Institut Français de Casablanca, l’entrée était libre pour le spectacle. Quelques curieux étaient au rendez-vous à 19h tapante pour assister à cette représentation étrange, mais aussi quelques élèves de M. Dufour, également enseignant à l’école Art’ Com et des amis du couple Dufour/Hutchins… Le couple a donné libre cours à son imagination pour unir à sa manière les images avec les autres médias : texte, son, images animées… Et surtout pour montrer de cette façon, les différents aspects des images numériques et les possibilités nouvelles de création et d’expressions ouvertes par ces images en les confrontant aux nouveaux usages permis par l’interactivité. Résultat : une expérimentation en direct des possibilités de création, de modification et d’action sur les images numériques; ce qui transforme les dualités traditionnelles spectateur/acteur, vision/appropriation, expérimentation/probation.
Concrètement une fois les lumières éteintes, on a droit à une succession d’images qui ne sont rien sans le texte, la musique… Les concepteurs du spectacle ont fait en sorte de présenter leur oeuvre en détail. Il est 19h05, la représentation commence. Dès le départ, on comprend que le symbole «+» représente la souris d’un ordinateur. Constamment présent sur l’écran, il permet de faire passer les images. Frank Dufour les accompagne d’un texte qui permet de leur donner un sens et qui explique l’angle abordé. Quinze choix s’offrent au public curieux de voir ce qui l’attend. Rien d’autre qu’un voyage dans le monde complexe des images numériques, «Des images du temps », comme le titre du spectacle l’indique. Frank Dufour explique qu’en fait : «Ces choix sont réalisés pour être totalement indépendants les uns des autres. Ils peuvent être projetés dans le désordre sans que ça nuise à la cohérence du spectacle. ». Patrik Dufour et Lee Hutchins se sont amusés ainsi pendant environ un mois à choisir les angles de leur spectacle qui dure 1h : ici on voit une scène mythique du film «Blade Runner» où l’acteur américain Harisson Ford résout une énigme simplement en zoomant au maxi-mum avec du matériel perfectionné sur les images d’un film, là une scène de film est présentée avec différents types de musique, et donc elle est regardée différemment en fonction de l’air choisi…
L’objectif du couple était de «montrer les possibilités expressives de l’image numérique. L’idée, c’est de se poser la question, qu’est ce qui fascine dans l’image numérique ? C’est le fait qu’elle soit insondable.». A la question de la différence entre l’image analogique et l’image numérique, Frank Dufour répond : «En fait l’image analogique est tout ce qui vient à nous sans intermédiaire et sans machines. C’est tout ce qui est autour de nous et qui peut se dégrader ou s’user avec le temps. L’image numérique elle, n’existe qu’à partir du moment où elle est intégrée dans un système : à un ordinateur, un interface… elle est constamment en train de naître et elle n’existe plus dès qu’on éteint l’ordinateur.».
Le couple songe à une deuxième représentation pour toutes les personnes intéressées, toujours à l’Institut Français de Casablanca, pour le mois d’octobre 2002.

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