La culture du niora dans le périmètre du Tadla

La culture du niora dans le périmètre du Tadla

La niora est une plante annuelle appartenant à la famille des solanacées. Le fruit est la base d’un condiment en poudre, utilisé comme colorant alimentaire dans la cuisine marocaine. Le secteur de la production de piment, dans le périmètre du Tadla, est important eu égard aux superficies cultivées et à la production relativement importante du piment moulu. Cette activité contribue activement à l’amélioration du niveau socio-économique de la région. La niora occupe une superficie moyenne de 930 ha par an dans la région de Tadla durant les cinq dernières campagnes. La superficie réalisée dans la région de Tadla au titre de la campagne 2006-2007 est de 820 ha , soit 78% de la superficie nationale. En 2004-2005, la superficie de la Niora a été de 1326 ha, en 2005-2006, cette superficie a connu une régression puisqu’elle a atteint 873 ha. L’année où la production de la niora a atteint son apogée est celle de 1991-1992 (la superficie était de 6.788 ha et la production est de l’ordre de 162.912 T). Mais Le rendement moyen au titre de la campagne 2006/2007 est passé à 22,3 T/ha en matière fraîche. En 2006-2007 ; la production moyenne a été de l’ordre de 18.233 T en matière fraîche, soit 86% de la production nationale de la niora (21000 T en MF).Toujours pour la campagne 2006-2007, le prix de la niora fraîche a varié entre 1,25 et 3,00 DH/kg et entre 10 et 15 DH/kg pour la niora sèche. Il est à signaler que six kg de Niora fraîche donnent 1 kg de Niora sèche. La production de la Niora est destinée soit au marché local ou hors région, notamment vers Fès et Casablanca. Ahmed est propriétaire d’une pimenterie dans la région de Beni Mellal, et commente : «Notre travail dure presque toute l’année. La niora préfère les sols légers, perméables et profonds, les sables riches en humus (sable noir) et les sols alluvionnaires conviennent parfaitement à cette culture». La plante de la niora a un aspect végétatif buissonneux, ses feuilles sont en forme de cœur, les fruits sont en forme de baie (boule pointue) virant du vert au rouge. Par ailleurs, les principales variétés cultivées dans la région de Tadla sont : Bola Roja et Bola Chata.. Le semis en pépinière s’effectue au cours du mois de fevrier, l’élevage des plants en pépinière dure 60 à 70 jours. La mie à fruits de la niora commence environ 60 à 70 jours après le repiquage et la maturation, 60 jours plus tard. Un pied de niora porte environ 30 à 80 fruits soit 100 à 400 grammes de matière fraîche. Le stade de récolte de la niora s’identifie à la coloration du fruit. Ce dernier doit être bien rouge extérieurement et intérieurement.Il faut compter en moyenne, quatre récoltes étalées sur trois mois environ de mi-septembre à mi- décembre. Les deux premières récoltes englobent 60% environ de la production avec la bonne qualité requise, d’un rendement en sec de 6 kg de matière fraîche pour un Kg de matière sèche. S’agissant de la couleur de la niora et de sa qualité, «sa couleur et sa qualité dépendent des conditions climatiques, et les températures élevées peuvent provoquer la couleur des fleurs, la brûlure du feuillage avec incidence sur la qualité du fruit. Notre pimenterie peut produire jusqu’à 2 à 3 T de piment par jour . Mais s’il fait froid, la production se situe entre 800 kg et 1T », explique Ahmed. La transformation de la niora en piment passe par la réception de la matière première, la mouture, l’huilage et malaxage, le tamisage, le conditionnement, le stockage et enfin la livraison. De surcroît, la majorité de la production est transformée localement dans des unités de mouture traditionnelles et parfois modernes implantées dans la région. La transformation de la Niora en piment moulu est une pratique récente dans la région, elle remonte aux années 80.
Depuis lors, la majorité de la production était exportée vers l’Espagne. Cette dernière a même équipé certains transformateurs par des équipements de mouture. Actuellement, la transformation de la Niora se fait soit par des agriculteurs qui transforment leur propre production, soit par des transformateurs qui travaillent à façon. Faute d’unités de séchage, la production est séchée à l’air libre puis broyée dans des broyeurs avant d’être transformée. D’autre part, soulignons que ce secteur occup plus de 120 ouvriers qui perçoivent un salaire variant entre 60 et 70 Dhs par jour pour chaque travailleur.
En guise de conclusion, il est nécessaire d’indiquer qu’au vu de sa rentabilité qui lui vaut une place de choix parmi les cultures les plus rémunératrices et également, son rôle socio- économique puisqu’elle contribue à la création d’emplois aussi bien au niveau de la production qu’au niveau de la transformation, la culture de la niora reste parmi les cultures potentielles au niveau du périmètre du Tadla et qui mérite une attention particulière en vue de son développement.

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