«La culture, une résistance», selon Dominique de Villepin

«La culture, une résistance», selon Dominique de Villepin

Inaugurée par Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid, jeudi 11 janvier, la 16ème édition du Salon international a ouvert ses portes au public vendredi 12 janvier et se poursuivra jusqu’au 21 février. Placée sous le signe «La lecture : une clef pour la société du savoir», cette fête du livre et de la culture a été marquée vendredi dernier par une conférence inaugurale animée par l’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin et ayant comme thème, «La culture pour vivre dans un monde d’aujourd’hui».
«La culture est la capacité à s’interroger, la capacité à se changer et à changer nos vies», a indiqué l’auteur du «Dernier témoin». Et d’ajouter: «c’est cette capacité que nous avons à nous éveiller à d’autres réalités que la nôtre. Il suffit d’un livre, d’un film pour pénétrer au cœur des provinces de l’Iran ou d’une expérience africaine, et au cœur de la vie de ceux que nous ne connaissons pas». Pour M. De Villepin, la culture c’est aussi une forme de résistance, une résistance, face à l’indifférence, résistance face à la peur, résistance face à l’ignorance, résistance face à l’infamie. Dans ce sens, l’ancien Premier a cité plusieurs écrivains et artistes comme exemple, entre autres, le poète Mahmoud Darwich. Ce dernier, au lendemain de la première «Intifada», avait placardé un poème dénonçant la logique de colonisation et en appelant à une forme d’insurrection, de résistance. «Qu’ils démantèlent d’abord les colonies, après je démantèlerai le poème», avait crié Mahmoud Darwich, alors qu’on l’invitait à retirer ce poème qui avait suscité des remous à la Knesset. Selon Dominque de Villepin, la culture permet aussi de mener un autre combat, celui du dépouillement. «Comment l’homme à travers l’ascèse arrive à se défaire de tout ce qui est inutile, à se débarrasser de tous les oripeaux, de tous les superflus de tout ce qui ne nous aide pas à vivre et ne nous prépare pas à mourir», a-t-il fait remarquer. Et de poursuivre :«C’est un travail qui polit notre esprit comme notre cœur et qui nous ouvre tout entier à la vie». Par ailleurs, pour conclure cette conférence M. De Villepin a souligné que la culture a deux faces, deux rives: «Elle a notre propre émotion, notre propre savoir et en même temps, il y a l’émotion de l’autre, connaissance, nouvelle naissance avec l’autre. C’est en cela que la littérature, que l’ensemble des arts éveille notre capacité à s’agrandir du regard de l’autre». Né à Rabat en 1953, Dominique de Villepin, à la fois homme politique, diplomate et écrivain, a été secrétaire général de l’Elysée, ministre de l’Intérieur puis des Affaires étrangères. Il compte à son actif plusieurs ouvrages, essais et recueils de poèmes notamment «Le requin et la mouette» (Plon/Albin Michel, 2004), «Hôtel de l’insomnie» (Plon, 2008), «La cité des hommes» (Plon, 2009). Sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, cette 16ème édition est organisée par le ministère de la Culture et le conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME) en partenariat avec le ministère chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger. La 16ème édition du SIEL sera l’occasion de débattre plusieurs sujets notamment «Revues en immigration», «L’immigration en revues», «Ecrire au féminin», «Présence et absence du Maroc dans leur œuvre romanesque», «Les publications on line», «Les écrivains immigrés et la langue italienne», «Comment donner le goût de la lecture à nos enfants?» et «Le livre numérique».

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