La démocratie marocaine vue par des intellectuels

A l’ouverture de cette rencontre, Mohamed Ennaji, chercheur universitaire, a d’emblée énuméré une série de questionnements sur le paysage politique marocain, en s’interrogeant si nous sommes vraiment en transition.
Pour circonscrire le champ politique national dans sa complexité et son hétérogénéité, le chercheur a donné un aperçu sur les fondements de l’Etat moderne au Maroc, rappelant que sa naissance a eu lieu dans une situation de crise aggravée par l’expansion coloniale du 19ème siècle et le déclin du commerce caravanier subsaharien. La continuité semble l’emporter sur les ruptures dans le paysage politique marocain, selon Abdellah Benmlih, politologue qui relève un dynamisme avéré de la société civile.
De son côté, le journaliste français Pierre Vermeren a estimé que l’alternance consensuelle (1998/2002) et la transition démocratique que vit le Maroc ont sensiblement modifié le champs politique. Il n’y a qu’à en juger par le foisonnement formidable des journaux et cette effervescence éditoriale de la littérature de prison pour s’assurer qu’une nouvelle ère a commencé et que l’espace des libertés s’est élargi, a-t-il relevé.
Et c’est précisément dans cette optique de rupture et d’ouverture qu’intervient le témoignage du journaliste marocain Aziz El Ouadie, ancien détenu grâcié en 1984, en relatant avec verve et humour des anecdotes sur ses années de détention extraites de ses deux livres « Sarikna Dahikan » et « Sel et poivre ». Même son de cloche chez Fatna El Bouih, ancienne détenue libérée en 1982, qui a raconté comment elle s’est départie de ses illusions de naguère en se consacrant à l’action sociale, aux problèmes des femmes battues, à la scolarisation des jeunes filles et à la lutte contre l’analphabétisme.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *