La quatrième tranche refusée au film de Nabil Ayouch

Cette action de la Commission du Fonds d’aide au cinéma attire encore une fois l’attention sur une quatrième tranche qui a déjà été refusée, de par le passé, à d’autres cinéastes. Dans les textes de loi, cette quatrième tranche a été établie pour deux choses.
D’abord vérifier la conformité du film à son scénario. Et ensuite juger de ses qualités techniques. Ni l’une ni l’autre de ces deux conditions ne semblent justifier la sanction du film de Nabil Ayouch. Ce dernier est en effet resté fidèle à l’esprit de son scénario, et ça serait insulter son cinéma que de le croire défaillant d’un point de vue technique.
Par conséquent, les deux conditions qui justifient – dans les textes – le refus de la dernière partie de la subvention sont caduques. Il faut donc en chercher d’autres. L’écrivain Abdelkbir Khatibi, président de la commission du Fonds d’aide au cinéma, n’a pas souhaité se prononcer là-dessus : « La commission est tenue à la confidentialité.
La décision a été prise à l’intérieur de cette commission par un vote majoritaire. Je ne peux pas vous en dire plus ! » Mais il semblerait que la décision des membres de la commission a été prise en raison de certaines scènes d’amour entre un couple d’adultes. S’il s’avère que cette raison est celle qui a fondé la décision de la commission, cela est très grave. Parce que d’une commission, accréditée pour évaluer esthétiquement un film, elle se transforme en organe de censure. Parce que les autres raisons qu’on peut invoquer, à savoir la co-production du film par ARTE, ou son tournage par une caméra numérique et sa transformation par la suite en 35 mm, les membres de la commission les connaissaient avant d’accepter de subventionner le film. Il reste donc les scènes érotiques.
Quel cinéaste aujourd’hui, dans le monde, n’intègre pas dans un monde d’adultes des relations entre adultes ! En plus, cette dernière tranche pose beaucoup de problèmes. Pour preuve : un texte de loi est actuellement à l’étude pour l’annuler. Pour le reste, on espère que le polar de Ayouch verra bientôt le jour, et qu’il sera assez vigoureux pour donner des regrets à ceux qui l’ont censuré.

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