Labied Miloud sur la voie de la continuité

Labied Miloud sur la voie de la continuité

La galerie Venise Cadre de Casablanca abrite depuis le 5 avril l’exposition de l’artiste-peintre Labied Miloud.  Cet artiste autodidacte originaire de Kalâat Sraghna dévoile au public ses dernières œuvres. Plus d’une vingtaine de tableaux sont exposés au regard des spectateurs. Dix-sept d’entre eux ont déjà été vendus et expédiés à leurs acheteurs.
 Ceux qui ont suivi le travail de Miloud depuis le commencement de sa carrière dans les années 60 pourront remarquer une certaine fidélité dans sa démarche. Aucun changement dans la technique, ni dans les matériaux utilisés. Technique mixte sur toile, formats moyens des œuvres. Aucune métamorphose dans ce sens. En 2006, Miloud Labied a choisi la voix de la continuation au lieu de celle de la rupture. Ses toiles peintes récemment ne sont pas très différentes à celles d’il y a quelques années.
Mis à part le nouveau choix de couleurs plus sobres moins voyantes, et un éclatement au niveau des formes peintes, l’empreinte Miloud Labied est toujours omniprésente. «Cet autodidacte a orienté sa peinture vers une abstraction lyrique, constamment ouverte sur le monde extérieur», déclare un critique d’art de la place. Une façon de dire que cet artiste renouvelle quand même son art, même si le changement ne surprend pas. Miloud Labied n’est pas de ceux qui prônent la voix du sensationnel. Discret, cet artiste autodidacte n’aime plus parler de son art.
«Cela fait 50 ans que je peins, je n’aime plus parler de ma peinture, c’est au public de s’y intéresser», a-t-il déclaré à ALM. Une façon de montrer sa lassitude et son isolement d’artiste. Miloud Labied vit depuis plusieurs années dans sa maison à Tafroukht Assif El Mal située dans la province de Chichaoua.
C’est dans ce même espace qu’il a ouvert, il y a trois ans, sa fondation.  Il s’agit d’un espace qui regroupe près d’une trentaine d’œuvres d’artistes marocains et pas moins de 27 artistes étrangers. On peut citer parmi les artistes de la collection,  Salvador Dali,Calvo, Chagal, Corneille, Hartung, Aziz Abou Ali, Malika Agueznay,Belkahia, et Mohammed Kacimi. Des travaux lithographiques   font également partie du lot.
Actuellement, il y a très peu d’échos sur cette fondation. Mis à part quelques férus de l’art et amis de l’artiste qui en lui rendant visite en profitent pour découvrir l’espace, il n’y a pas grand monde. Miloud Labied avait l’ambition d’en faire un lieu animé, quitte à abriter régulièrement des «résidences d’artistes» dans une partie de la fondation. Mais pour cela, l’artiste avait besoin de l’aide de quelques mécènes. Lors de l’ouverture de cet espace, il avait déclaré à ALM qu’il ne pouvait pas se charger tout seul de tous ces projets et que cela nécessitait une aide financière. Entre-temps, Miloud Labied reste plongé dans sa création. Depuis sa première exposition en 1958 au Musée des Oudayas à Rabat, il a participé à plusieurs expositions, tant au Maroc qu’a l’étranger. L’Egypte, la France, le Portugal, l’Irak, le Danemark, l’Espagne ne sont que quelques pays qui ont abrité ses expositions. Celle de Casablanca se poursuit jusqu’au 23 avril.

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