Les tournois de mini-foot du mois sacré de Ramadan

Les tournois de mini-foot du mois sacré de Ramadan

L’horloge indique 16h 30, peu de temps après la prière d’Al-Asr. Un terrain de football à Aïn Chok, un quartier populaire à Casablanca, connaît une affluence particulière. Il ne s’agit pas, à vrai dire, d’un stade de football en bonne et due forme mais d’une étendue de terrain qui sert, après quelques aménagements presque, à un stade de mini-foot. Le public s’installe tout autour du stade alors que deux équipes font déjà leurs échauffements. D’une manière générale, les moyens sont modestes mais l’enthousiasme et la mobilisation restent de mise. Vers 16h 45, l’arbitre donne le coup d’envoi du match qui se déroule au titre d’un tournoi pas comme les autres. Il s’agit d’un mini-championnat du mois sacré de Ramadan. Les jeunes habitants du quartier d’Aïn Chok ont pris l’habitude d’organiser une telle manifestation à l’occasion de chaque mois de Ramadan. Cette année plusieurs équipes se disputent le titre de ce championnat qui fait le plaisir des jeunes footballeurs du quartier.
Il faut garder à l’esprit que pour organiser ce mini-championnat, il ne s’agit pas seulement de fournir un terrain, des équipes, un arbitre et un ballon. Il s’agit en réalité d’une organisation de longue haleine qui débute bien avant le mois de Ramadan. En fait, une association des œuvres sociales d’Aïn Chok a pris la peine de s’occuper, avant le début du mois sacré, du volet organisationnel du tournoi. Cette organisation nécessite au préalable une autorisation auprès de la commune urbaine. Une autorisation suivie, le cas échéant, par l’octroi de la part des autorités locales de tenues, de ballons et d’une coupe à l’équipe qui remporte le tournoi. Cette aide est vitale pour les équipes du quartier en raison notamment du manque des moyens financiers. Comme susmentionné, les matchs se déroulent pour la plupart après la prière d’Al Asr, étant donné que ce mini-stade ne dispose pas de l’éclairage nécessaire pour abriter un match de foot durant la nuit. L’arbitrage est assuré par un volontaire à qui on a remis un chronomètre et un sifflet. Contrairement à ce qui se passe au niveau des grands stades de foot, les filets sont constitués par deux pierres installés parallèlement à une distance de quatre mètres pour indiquer les buts. Ce manque d’équipement est à l’origine de disputes infinies : l’arbitre se voit octroyé un pouvoir étendu d’appréciation, approximative bien évidemment. Toujours dans le cadre de l’organisation, chaque membre des équipes en compétition est tenu de verser un montant symbolique de 10 dirhams à l’association qui s’occupe de l’organisation de ce tournoi. Mais qu’est-ce qui fait la particularité des tournois de football du Ramadan.
«Je quitte mon emploi vers 15h alors que l’heure de la rupture du jeûne est encore loin de quatre heures. Je ne trouve pas de quoi m’occuper avant l’heure du «ftour». Les matchs du tournoi constituent, donc, pour moi un passe-temps. C’est un tournoi sans enjeu aucun à partir du moment que le prix est symbolique. Il est juste question de divertissement et de loisir», répond Ismaïl, un jeune Casablancais participant au tournoi de mini-foot d’Aïn choc.
«Les tournois du Ramadan ont une saveur spéciale et nous en gardons de très beaux souvenirs. Les équipes se préparent cette année pour disputer la première place dans le cadre du tournoi du Ramadan. Il s’agit toujours d’une compétition acharnée. Personne ne se soucie du prix du tournoi, mais chaque quartier souhaite triompher à travers l’équipe qui le représente», a précisé Hakim, un jeune Casablancais, gardien de buts lors d’un tournoi organisé au quartier Chérifa à Casablanca. Parmi les tournois organisés à Casablanca, le tournoi du stade «Opéra» à l’ancienne Médina de Casablanca est l’un des plus célèbres. Ce tournoi connaît chaque année la participation de footballeurs professionnels de renom. Prendre part à ce tournoi n’est pas ouvert à n’importe quelle équipe. Celles qui peuvent y participer sont excellentes, représentant notamment les quartiers Sbata, l’ancienne Médina, Bourgogne, Aïn Choc, Aïn Sbaâ… Deux groupes composés chacun de quatre équipes se disputent le titre. Ici l’enjeu est énorme car le prix de l’équipe qui arrive à remporter le tournoi s’élève à 10.000 dirhams. Ce prix est constitué des cotisations que chaque équipe est tenue à verser, notamment une somme allant de 500 à 1000 dirhams.
«C’est un tournoi de très haut niveau en raison notamment de la qualité de l’organisation et la qualité des équipes participantes. Jamais je n’oublierai la participation à ce tournoi, lors des éditions précédentes, de Abboub Zakaria, Aït El Arif, Natir Kechkoucha, Omar Nejjari, Hamid Termina et Adil Miki entre autres joueurs de qualité», déclare Selmane, un jeune Casablancais. Mais les tournois du mois sacré, ce n’est pas toujours que de l’informel. Le coup d’envoi de la 19ème édition du tournoi de football en salle, organisé chaque mois de Ramadan par l’Association Ribat Al-Fath pour le développement durable, a été donné, lundi soir 24 août, à la salle Ibn Yassine à Rabat. Dans le cadre de ce tournoi, l’organisation est encore plus rigoureuse. Les 28 équipes engagées dans cette compétition sont réparties en sept groupes, dont chacun comprend quatre équipes. Les deux premières équipes de chaque groupe se qualifieront aux huitièmes de finale, ainsi que celles classées troisième au niveau de l’ensemble des groupes. Les rencontres, quatre par jour, se dérouleront en deux mi-temps de 20 minutes chacune. La finale et le match de classement auront lieu le 27 Ramadan.

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