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 Nedjma

 Kateb Yacine se délecte dans cet ouvrage. Il revient dans ce livre sur les traces de son amour d’enfance. Il y parle de sa femme éternelle : l’Algérie. Son pays natal qu’il adore. Plus, qu’il vénère. C’est du moins ce qui apparaît dans « Nedjma », un terme qui en français signifie étoile. L’Algérie a illuminé la vie de Kateb Yacine. C’est ainsi que dans ce roman, l’écrivain choisit de faire partager sa passion pour son pays. Selon la note de l’éditeur, « Nedjma c’est l’obsession du passé, la quête de l’inaccessible, la résurrection d’un peuple».
Nedjma c’est la femme-patrie. Écrit dans les années 50, Nedjma est aussi le récit de la souffrance d’un peuple.
Une souffrance relatée à travers le personnage principal qui n’est autre que Nedjma elle-même «Née de l’adultère et du crime, elle triomphe dans toute sa beauté », a souligné Gilles Carpentier dans la préface du livre. Il ajoute également « à travers Nedjma, proche cousine des « Filles du feu » de Gérard de Nerval, Kateb Yacine n’hésite pas à se réapproprier, pour l’exposer dans toute sa crudité, cet orient des voyageurs que l’Occident a déjà profondément transformé ». L’auteur Kateb Yacine,  est né en 1929 à Constantine. Poète, dramaturge et romancier, l’auteur de Nedjma est considéré comme le fondateur de la littérature maghrébine moderne de langue française. Prix national des lettres en 1988, il est mort à Grenoble, en octobre 1989.

Kateb Yacine, Nedjma, édition Points,
1956, 1996, 245 pages



Voyous

 C’est à la démocratie que sont consacrées les deux conférences de Jacques Derrida rassemblées dans cet ouvrage. Dans son idée et ses principes, elle est rudement mise à l’épreuve, à la fois par la globalisation des échanges économiques et par l’administration du droit international. Le philosophe s’interroge sur le monde que nous avons devant nous : car de la démocratie, nous ne savons encore rien, nous ne sommes qu’aux frémissements, aux commencements. Prendre la mesure de ce qui s’annonce et demeure pourtant encore impensable, s’y préparer, se donner les moyens de comprendre ce qui est en train d’advenir : voilà toute l’ambition et la pointe philosophique du propos.
Un indice de la nouvelle configuration politique internationale : la notion d’"État voyou". Il traduit ce que l’administration américaine, sous le président Clinton, nommait les "rogue States". En français, le terme de "voyou" sonne comme une interpellation de police. Le voyou a affaire avec la voie : c’est le dévoyé qui traîne dans les rues, la bande menaçante qui occupe le pavé aux marges de la Cité de droit. Une nouvelle investigation de Jacques Derrida pour déconstruire les préjugés qui nous rendent étrangers à notre temps.

Jacques Derrida, Voyous,
Galilée, janvier 2003, 217 pages



 Agadir

 L’écrivain défunt Mohammed Khaïr-Eddine a été inspiré ici par le terrible séisme qui a frappé la ville d’Agadir en 1960. L’auteur fit de ce triste événement le cadre de son premier roman. Sur fond de catastrophe et de panique,une histoire se trame, celle d’Agadir. C’est l’histoire d’un fonctionnaire qui est chargé d’enquêter auprès de la population à la suite du tremblement de terre. Pour mener à bien sa besogne, il s’installe au milieu des ruines et des gravats de ce qui fut autrefois une ville. Il doit préparer les habitants rescapés à l’exode, mais les survivants s’entêtent et ne veulent pas quitter les décombres de leurs maisons ni les dépouilles de leurs proches enfouies un peu partout. Agadir, une ville morte se transforme en un véritable théâtre où le langage rend possible tous les drames même les plus anciens. Un roman plein de rebondissements. Né à Tafraout au Sud du Maroc en 1941 dans une famille de commerçants. Il a vécu à Agadir entre 1961 et 1963, à Casablanca (1963-1965), puis 15 ans à Paris (1965-1979) où il y publie beaucoup et anime pour France-Culture des émissions radiophoniques nocturnes, il se marie et a un fils. Il rentre seul au Maroc en 1979, d’un coup de tête dira-t-il. En 1989, il est à nouveau à Paris où il renoue avec le théâtre. Il s’éteint à Rabat en 1995. Ses œuvres, interdites aux Maroc de son vivant, ont commencé à être rééditées en 2002.

Mohammed Khaïr-eddine, Agadir,
Le seuil, points, 1967, 142 pages


                                        
 L’écriture et la différence

 Cet essai de Jacques Derrida est puisé dans toute la littérature sémiologique et philosophique. Ce qui s’écrit ici marque l’étrange mouvement, l’unité irréductiblement impure d’un différé (détour, délai, délégation, division, inégalité, espacement) dont l’économie excède les ressources déclarées du logos (parole) classique. C’est ce mouvement qui donne unité aux essais si déchaînés.
Qu’ils questionnent l’écriture littéraire ou le motif structuraliste (dans les champs de la critique, des « sciences de l’homme» ou de la philosophie), que par une lecture configurante, ils en appellent à Nietzche ou à Freud, à Husserl ou à Heidegger, à Artaud, Bataille, Blanchot, Foucault. Ces essais tout comme celui-là de Jacques Derrida n’ont qu’un seul lieu d’insistance : le point d’articulation dérobée entre l’écriture et la différence. A peser sur cette articulation, ils tentent de déplacer les deux termes. Né en 1930 à Alger, Jacques Derrida a publié entre autres, « La dissémination » en 1972 et « Synécologie » en 1988.

Jacques Derrida, L’écriture et la différence,
 éditions points, collection essais, 1967, 2003, 436 pages

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