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La cuisine des fées

Dans l’imaginaire des contes comme ailleurs, la chère occupe une place de choix. L’abondance y est souvent de mise et la finesse ou la fantaisie des mets y convainc, séduit, détourne. C’est dans cet univers enchanteur que nous entraîne « La Cuisine des fées», dont le propos est de s’inspirer des contes de fées les plus gourmands pour en restituer les douceurs. Résultat : près de soixante-dix recettes originales, illustrées de dessins et photographies tant alléchants qu’expressifs, et consignées dans un recueil à la couverture brillante et cartonnée. Du porridge au miel d’acacia de Boucle d’Or et les trois ours aux galettes au beurre de la grand-mère du Petit Chaperon rouge, l’ensemble fait la part belle aux associations sucrées, et certaines des recettes, comme le cochon de lait rôti dans la cheminée, ne sont pas réalisables en tous lieux ou toutes occasions. Mais confectionner le gâteau dans lequel Peau d’Ane laissa tomber sa bague pour conquérir le coeur du Prince ou servir une reproduction de la fameuse maison en pain d’épice qui tenta Hansel et Gretel au goûter n’est-il pas du plus bel effet ? Introduites par de brefs extraits des légendes dont elles se nourrissent, les recettes portent des noms qui mettent l’eau à la bouche excitent l’esprit. Et chacune des pages de ce précieux ouvrage nous invite à nous replonger avec délectation dans les réminiscences de notre enfance. Il était une fois un livre aussi plaisant à lire qu’à mettre en pratique, et indispensable à quiconque veut mettre un peu de magie dans sa cuisine.

La cuisine des fées de Bernard Winkelmann,
Chritine Ferber et Philippe Model
Editions du Chêne, 2008



Mort et vie d’Edith Stein

Cet ouvrage est censé retracer l’existence d’Edith Stein : sa naissance en Prusse, son éducation juive plus que stricte, ses études captivantes de phénoménologie et son travail au côté de Husseri, sa conservation au christianisme, son entrée au camel, sa mort et sa canonisation. Mais si l’auteur du best-seller adapté au cinéma Podium manifeste une réelle fascination pour cette femme hors du commun, il est clair que le destin de celle-ci lui sert davantage de prétexte pour se lancer dans un série de réflexions personnelles. Pourquoi pas ? Mais le résultat est décevant, tant on pouvait attendre de la plume acerbe, pleine d’humour et de finesse, de Yann Moix.  Il n’arrive pas à captiver le lecteur par ce destin pourtant unique, lecteur qui reste finalement un peu indifférent face à ce personnage qui lui échappe sans cesse. Au lieu d’une description claire, on regrette le parti pris stylistique d’une ombre vaguement ébauchée. Les pages sont remplies de préciosités, telles une ponctuation incongrue qui casse le rythme de lecture et qui devient vite horripilante, ou des phrases achevées de façon trop abruptes. 

Mort et vie d’Edith Stein
Edité chez Grasset, 2008



La princesse des sables

Sur les traces d’Aurélie Picard née en Champagne en 1849 dans une famille très modeste, Aurélie Picard n’a d’autre choix de vie, à 12 ans, que d’abandonner son rêve de devenir institutrice pour se placer comme domestique. Elle est ensuite engagée dans une boutique de chapeaux, puis, sa distinction et sa classe naturelle aidant, comme dame de compagnie au service de châtelains. La guerre de 1870 enverra ceux-ci à Bordeaux, et c’est là, précisément, que son destin des plus ordinaires va basculer dans le romanesque. L’aventure algérienne Elle y fait la connaissance d’un cheikh algérien en exil qui en tombera fou amoureux, et la demandera en mariage. S’ensuivra une épopée extraordinaire, unique, où le tempérament ambitieux de cette femme va permettre l’expansion de la confrérie religieuse des Tidjani et la création, en plein désert du Sahara, d’un domaine immense.

La princesse des sables de José Lenzini
Edité chez Belfond, 2008
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