Mohamed Asli, maître de Carthage

«A Casablanca, les anges ne volent pas », de Mohamed Asli frappe de nouveau, et plutôt fort. Ce tout premier long-métrage du réalisateur marocain vient de remporter le très célèbre Tanit d’Or , comptant pour la 20ème session des Journées cinématographiques de Carthage (JCC). Une session qui s’est tenue du 1er au 9 octobre et dont la cérémonie de clôture eut lieu au théâtre municipal à Tunis. Après plusieurs consécrations, dont la dernière en date a été le grand prix du Festival du cinéma d’Alexandrie, la véritable chasse aux grands prix de Mohamed Asli ne semble toujours pas finie. Le réalisateur n’en garde pas moins la tête bien froide. Pour lui, ce n’est pas seulement son film qui est honoré, mais les cinémas marocain, maghrébin, arabe et africain.
Dans des propos relayés par l’Agence MAP, M. Asli n’a pas manqué d’évoquer le renouveau que connaît le cinéma marocain, l’apport du cumul des expériences et les acquis à fructifier pour aller de l’avant. « Nous avons les moyens et les capacités d’être la locomotive d’un nouveau cinéma qui doit ressembler de plus en plus à notre culture », a-t-il dit. Mais, pour lui, le nombre de films produits au Maroc (une dizaine par an) reste insuffisant compte tenu du potentiel du pays qui compte plus de 30 millions d’habitants.
Des propos qui en rappellent d’autres, accordés à ALM (www.aujourdhui.ma) et dans lesquels le cinéaste avait souligné le saut qualitatif que le cinéma marocain a marqué ces dernières années. « Le cinéma marocain, aujourd’hui et plus que jamais, a besoin d’encouragements. Et pas seulement à travers des festivals, mais aussi, et surtout, par le biais d’une volonté politique et d’une stratégie nationale à même d’en faire un levier, non seulement artistique et culturel, mais économique également ». Pour lui, il ne suffit pas de brandir des slogans, mais il faut agir. D’abord sur les hommes, par la formation de techniciens et d’artistes et par la mise en valeur des compétences et talents marocains. « C’est le seul moyen d’avoir, un jour, un cinéma qui nous ressemble », avait-il déclaré.
En l’espace de quelques mois, le film de Mohamed Asli a obtenu plusieurs prix au Maroc et à l’étranger. Mais il n’est toujours pas projeté sur les grands écrans du pays. Un constat qui tient à la stratégie commerciale du cinéaste. Projeter le film dans le mois de septembre aurait été fatal, dans la mesure où le temps est à la rentrée et que les gens n’ont pas le temps d’aller aux salles de cinéma. « En octobre non plus dans la mesure où ce sera le mois de Ramadan. Nous avons décidé de ne projeter le film qu’après ce mois sacré dans la seule fin de lui garantir un maximum de public », nous avait déclaré le réalisateur.
« A Casablanca, les anges ne volent pas » dont les principaux rôles sont interprétés par les comédiens Abdessamad Miftah Elkhir, Abderrazak El Badaoui et Naîma Bouhmala, retrace en fait la vie de petites gens de Casablanca; il relate le quotidien de trois amis contraints d’immigrer dans la métropole et y travailler, pour une misère, dans un restaurant. A chacun ses rêves mais aussi ses problèmes et ses préoccupations.
La nouvelle vie des protagonistes de ce long-métrage, Saïd, Ismaël et Othman, sera ponctuée de situations à la fois comiques et dramatiques qui mèneront le spectateur vers des espaces variés aux niveaux géographique et climatique, mais dévoilent également le mode de vie et la nature des tracas quotidiens de ces gens. Le cas de dire que le cinéma marocain n’aura jamais été aussi réussi, qu’en associant une réalité toute aussi marocaine.

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