Mohamed Majd : «Derb Sultan rayonne toujours»

Mohamed Majd : «Derb Sultan rayonne toujours»

ALM : Que représente pour vous Derb Sultan ?
Mohamed Majd : Je suis né à Derb Sultan exactement au quartier espagnol rue de la «Melouiya». J’ai vécu toute mon enfance et ma jeunesse dans ce quartier qui témoigne de la colonisation française au Maroc. C’était un quartier de la résistance. Je tiens à vous dire que les habitants de Derb Sultan sont de vrais résistants. Je n’oublierais jamais cet amour profond et sincère que ces gens avaient pour la patrie. Ils marqueront toujours mon esprit et ma mémoire. Pendant cette période, ces gens-là m’ont inculqué beaucoup de principes et de valeurs. Aujourd’hui encore, Derb Sultan rayonne toujours et se distingue de tous les quartiers de Casablanca et même du Maroc.

Quelle est la différence entre Derb Sultan d’hier et celui d’aujourd’hui ?
Tout a changé à Derb Sultan. Il y a une grande différence entre le quartier d’hier et celui d’aujourd’hui. Avant, le quartier était moins peuplé. Il n’y avait pas beaucoup de magasins et d’endroits où on pouvait sortir. Mais je peux avancer que l’esprit de Derb Sultan a pu être conservé grâce à des places comme Sahat Sraghna, Laouina, Garage Allal, les lieux de commerce comme Qoréa, souk Jemaâ. Des lieux que je traversais chaque jour quand j’étais jeune. Il y avait aussi les cinémas Kawakib, Atlas, Shehrazade, Mauritania, Zahra. Derb Sultan est devenu un espace multiforme, ouvert où l’on peut trouver de tout.

Quel souvenir gardez-vous de cet endroit ?
Il m’est un peu difficile de me rappeler du bon vieux temps. Je tiens à vous dire que la vie à Derb Sultan pendant la colonisation m’a beaucoup marqué. À cette époque, j’étais encore jeune, donc je me rappelle bien du patriotisme de ses habitants. Beaucoup de souvenirs de mon enfance et de ma jeunesse sont restés éparpillés dans ma mémoire. La plupart des gens de Derb Sultan ont quitté le quartier. Donc c’est rarement que je visite l’endroit. Il m’arrive parfois d’y revenir notamment durant le mois de Ramadan rien que pour me souvenir des bons moments et respirer l’air de cette période.

C’est à Derb Sultan que vous avez fait vos premiers pas dans le monde du théâtre ?
Effectivement, je m’en rappelle très bien. J’ai fait mes débuts avec Abdellatif Hilal qui m’a encouragé à faire du théâtre. J’ai débuté mes premiers pas artistiques au sein de sa troupe créée dans ce quartier. Après j’ai rejoint la troupe de Abdelkader El Badaoui, c’était une autre nouvelle étape dans ma carrière.

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