Moreau, reine à Marrakech

Jeanne Moreau est l’une des plus grandes actrices en France. Peu de gens auraient pu prédire à cette ex-danseuse dans un cabaret la grande carrière qui l’attendait au cinéma. Elle se résout pourtant à devenir actrice le jour où elle voit « Antigone » de Jean Anouih.
Le déclic est digne d’intérêt. C’est au spectacle d’une tragédie qui déchire les passions que cette femme lie son destin au monde des spectacles. Elle commence dans le théâtre. Elle débute sur une scène en 1947, dans le prestigieux cadre du Festival d’Avignon où elle joue sous la direction du grand metteur en scène Pierre Vilar. Elle rejoint ensuite la Comédie française où elle triomphe.
Parallèlement à sa carrière au théâtre, Jeanne Moreau interprète ses premiers rôles dans le cinéma. De petits rôles d’abord auxquels succède le succès retentissant de «Ascenseur pour l’échafaud» et «Les amants», film par qui le scandale est arrivé. «Ce qui est plus important, c’est la lumière intérieure qui est en nous» dit l’intéressée. Ce qui touche d’abord dans le jeu de Jeanne Moreau, c’est la sincérité avec laquelle elle dévoile les passions des personnages.
Cette passion n’a pas de limites. Jeanne Moreau choque dans «Les amants». Elle s’illustre par la suite dans plusieurs rôles libertins. Ces rôles n’ont jamais fait d’elle une femme-objet ou un sex-symbol. Le caractère et la passion forcent l’admiration. On peut ne pas aimer Jeanne Moreau, mais jamais la mépriser. Le caractère de cette femme l’a également mis à l’abri des tentations auxquelles succombent beaucoup de stars. Elle a toujours refusé de se dévouer entièrement à son art, d’être bouffée par le 7ème art. Elle a ainsi observé des arrêts pour se ressourcer, pour ne pas oublier sa vie personnelle, pour ne pas devenir un pantin prêt à tout pour le vedettariat.
Cette femme, née le 28 janvier 1928 à Paris, a connu tous les grands noms du cinéma. Elle ne les a pas d’ailleurs connus au faîte de leur gloire. Mais son flair ne l’a pas trompée. C’est ainsi qu’elle a joué avec Orson Welles, alors que peu de gens pariaient sur lui. Elle a également joué dans les films de réalisateurs réputés difficiles ou élitistes. Ainsi son rôle dans le long-métrage de Luis Buñuel « Le journal d’une femme de chambre ». Ses monstres du cinéma lui ont donné le goût de se mettre derrière la caméra, en 1975, où elle a dirigé une autre très grande dame du cinéma français : Simone Signoret. Jeanne Moreau a interprété plusieurs rôles, a reçu de nombreux prix. Chacun l’aime dans les films qu’il préfère. Dans ceux de François Truffaut, elle est éclatante de vie. «Les Quatre cents coups» ou encore son rôle inoubliable entre les deux amis «Jules et Jim». Jeanne Moreau ne s’est pas séparée du cinéma. Elle a joué dans «Cet amour-là», un film de Josée Dayan réalisé en 2002.
Tout le monde se souvient de son retour dans «Nikita» de Luc Besson. Elle avait alors donné une leçon de maquillage à une jeune farouche. Un passage souverain de la meilleure actrice du monde.

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