Najat Kheir Allah : «Le public marocain a mûri, il est devenu plus exigeant»

Najat Kheir Allah : «Le public marocain a mûri, il est devenu plus exigeant»


ALM : Qui est Najat Kheir Allah?
Najat Kheir Allah : Najat Kheir Allah est une jeune femme tout à fait normale. Passionnée par mon métier et par la découverte, je ne m’arrête jamais. Je suis quelqu’un qui a beaucoup de rêves, et mon métier m’aide à les concrétiser. Il m’apprend énormément et il faut dire aussi que moi j’essaie, de mon côté, de me donner les moyens de mes ambitions. Je vais vers tout ce qui est nouveau. Je m’engage à apprendre de nouvelles danses tout à fait en contradiction avec ma personne, du genre hip-hop, ou alors de nouvelles langues ou de nouveaux sports. Toujours vers la nouveauté et la découverte. Je crois que je suis de ces personnes tellement curieuses qu’elles ne savent plus reconnaître les limites. Mais, je crois que c’est une bonne chose dans un métier comme le mien. Aussi, je suis quelqu’un qui lit beaucoup. Et ça je le fais pour étoffer mes connaissances étant donné que mon cursus scolaire s’est arrêté au baccalauréat. Dans ce sens, j’essaie de lire dans les deux langues, l’arabe et le français. Je lis tout ce qui me tombe sous la main. Quoi que je me borne à penser que la meilleure école n’est pas dans les livres, elle est dans la vie.

Quelles sont vos occupations quand vous n’êtes pas sur un plateau de tournage?
Je fais du sport. Ça m’aide à garder la forme et à entretenir mon corps. Sinon, je m’occupe à gâter Najat (rires). Il faut croire qu’être actrice n’est pas de tout repos, surtout quand on a des rôles qui ne nous ressemblent pas. Moi par exemple, j’ai souvent le rôle de la petite vipère. Ce n’est pas du tout moi, bien que mon physique m’y prête facilement ! je dois faire un grand travail sur moi-même. Et cela me prend beaucoup de temps. C’est pour cela que je me fais plaisir en prenant le temps de faire ce que j’aime et de le partager avec mes proches. Et parmi ce que j’aime, il y a les voyages. Pour ça, je ne m’en prive pas.

Quel est le rôle que vous rêvez jouer?
Celui de la folle. C’est un rôle composé qui ferait le bonheur de toute actrice qui aime son travail. Depuis longtemps, j’ai rêvé de jouer le rôle de la clocharde pour sortir de mon palmarès de petite fille gâtée ou de fille populaire dont la seule préoccupation est le mariage. Mais aujourd’hui, je cherche un vrai challenge. Un rôle qui va me pousser à m’investir complètement.

Et le rôle auquel vous direz non?
Celui de la prostituée. Parce que je l’ai déjà joué. Quoi que si d’après le scénario, ce rôle me plaît, je risque bien de m’aventurer dedans. Je me sens assez mûre pour l’interpréter aujourd’hui. En tous les cas, plus mûre que la dernière fois que je l’ai joué.

Le rôle de prostituée est un rôle assez contraignant. Vous ne craignez pas pour la réputation de Najat?
Non pas du tout. Aujourd’hui, les spectateurs marocains sont beaucoup plus ouverts et prêts à applaudir une scène bien interprétée. Ils ne s’arrêtent plus au simple rôle, mais vont au-delà de cela. Ils jugent le jeu de rôle. Sinon pour moi, j’ai toujours eu la conviction que l’artiste doit donner sa voix à ceux qui souffrent. La prostituée souffre aussi. Entre les agressions qu’elle subit, le regard des gens, le travail de nuit…  La place d’une femme n’a jamais était dans la rue !? Et je vous promets que la plus grande majorité de ces femmes n’a pas choisi ce destin. C’est justement pour les faire parler et rapporter leur souffrance à ces mêmes gens qui les regardent de travers que j’ai accepté de jouer ce rôle.

Votre nom est  présent  dans la grille des  programmes  ramadanesques de cette année. Que pensez vous de ces productions?
Je pense qu’elles sont assez variées. Mais par contre, on sent une certaine fidélité aux produits de l’année dernière et de l’année d’avant. J’ai même entendu des avis qui disent que «les humoristes ne nous font plus rire, ils se moquent de nous». C’est malheureux et il serait temps que l’on s’en sorte. Comme je l’ai dit tout à l’heure, le public marocain a mûri. Il est devenu plus exigeant. C’est une excellente chose pour les artistes qui doivent suivre la vague. Mais je suis sûre que ça va venir. Sinon pour moi, je pense que parmi les meilleures productions de ce mois, il y a la série «Bent bladi».  Je ne dis pas ça parce que je figure dedans (rires), mais c’est surtout par constat. Et si cette série a du succès, il faut croire que c’est dû au scénario qui est très bien ficelé. C’est un des meilleurs scénarios que j’ai tenus entre mes mains. Pour vous dire, il ne laisse aucune place à l’improvisation. Chaque personnage a sa propre histoire et sa propre personnalité. La réussite d’une production ne dépend pas uniquement des acteurs et du réalisateur, c’est le scénariste qui en sculpte le squelette.

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