Première biennale des photographes du monde arabe contemporain: Le Maroc présent en force

Première biennale des photographes du monde arabe contemporain: Le Maroc présent en force

Organisée à l’initiative de l’Institut du monde arabe (IMA) et la Maison européenne de la photographie (MEP), cette manifestation connaîtra la participation d’une sélection d’artistes photographes marocains, parmi lesquels Daoued Aoulad Syad, Laïla Alaoui, Hicham Gardaf ou Khalil Nemmaoui. Chacun de ces artistes dévoile ses œuvres abordant plusieurs thèmes.

À la MEP, Daoued Aoulad Syad expose une rétrospective photographique et cinématographique. «Je suis fier de représenter le Maroc à cet événement. C’est une consécration pour moi. Je présente une soixantaine de mes œuvres évoquant le Maroc», indique-t-il à ALM.

Il faut dire que Daoud Aoulad Syad a ouvert la voie à un style franc, où les sujets qu’il fixe sur pellicule se révèlent dans ce qu’ils ont de plus vrai. «Ma démarche ressemble un petit peu à un historien ou un journaliste. J’ai essayé de capturer des instants et des réalités». Dans le même lieu, on retrouve les œuvres de la photographe Laïla Alaoui.

Cette artiste franco-marocaine présente sa série «Les Marocains». Avec un studio photo mobile, elle a ainsi capturé des portraits d’hommes et de femmes de tous âges et de différentes ethnies dans des lieux publics. Sa démarche, qui cherche à révéler plus qu’à affirmer, rend les portraits réalisés doublement «documentaires» puisque le regard Leïla Alaoui est à la fois intérieur et critique, proche et distancié, informé et créatif.

Elle a expliqué dans ce sens que «ma motivation personnelle était de revisiter les pratiques du studio photo, afin de montrer le Maroc sous un regard que je qualifie de plus naturel mais non moins objectif, à savoir celui d’une Marocaine. Sachant que mon regard ne peut être dénué pour autant de toute forme de subjectivité, j’ai voulu tout au moins respecter une certaine neutralité dans ma démarche et mes choix esthétiques, m’éloignant ainsi de toute représentation folklorique».

Par ailleurs, l’Institut du monde arabe accueille l’exposition «Backstage of realitiy» du jeune artiste tangérois Hicham Gardaf. Cet artiste se concentre sur la coexistence des sociétés humaines avec la nature, les rapports entre l’espace urbain, qui chaque jour gagne un peu plus sur la campagne et les terres «sauvages» préservées. Ces espaces transitoires sont précisément, pour le photographe, le laboratoire de toutes les transformations socio-culturelles.

À mentionner également le projet «Equilibrium» de Khalil Nemmaoui. Dans son travail, Nemmaoui interroge le rapport de l’Homme à la nature et particulièrement ce besoin récent de «retour aux sources» éprouvé par les populations citadines en proie à un sentiment de malaise grandissant, dans des atmosphères urbaines et artificielles de plus en plus hostiles.

Il est à noter que la première biennale des photographes du monde arabe contemporain a pour but de porter un éclairage sur les photographes contemporains qui opèrent dans le monde arabe. «Beaucoup de pays occupent à divers titres aujourd’hui le devant de la scène et participent à l’écriture de l’Histoire, mais on connaît de façon encore inégale leurs artistes. Certains sont mal identifiés ou demeurent même totalement dans l’ombre».

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