Rabat, moment de féerie

Les plus connus ne sont pas toujours les meilleurs. Le festival de Mawâzine pèse certes son poids de stars, mais il est également intéressant par le nombre de groupes et chanteurs qu’il permet aux gens de découvrir. Lundi dernier, le groupe de Danyel Waro a dispensé l’un des moments les plus beaux de ce festival. Ses membres sont originaires de la Réunion, et leur chant est si profond qu’il perce l’âme la moins sensible à la musique. Nul besoin de comprendre le créole pour adhérer complètement à la teneur des paroles. Les rythmes, la voix, la musique disaient tout.
Danyel Waro chante le mayola qui est un vieux mode de chant et de danse à La Réunion. Le mayola est une musique très ancienne. Elle a été menacée de déperdition par les Blancs, mais « elle a résisté grâce à des soirées privées » a précisé Waro. Il ajoute : « Le maloya m’a mis en accord avec La Réunion, avec les gens, avec notre langue (le créole) et notre bâtardise ». Il était accompagné de quatre percussionnistes. Tous ont participé à la fête de lundi soir. Il faisait beau à Rabat ce soir-là. Une petite brise rafraîchissait l’atmosphère.
Le site de Chellah était illuminé par des projecteurs. Quelques insectes volants se déplaçaient d’un faisceau lumineux à l’autre. Le temps qu’il faisait s’est marié avec la nature de la musique du groupe réunionnais. Le site où il se produisait ajoutait de l’expression à des rythmes puisés dans la nuit des temps. Il y avait plus de la complicité, c’était une véritable communion.
Tout le monde se déhanchait ou battait des mains au rythme des instruments. Les premières nuits douces de l’été à Rabat ont ainsi été annoncées par une musique venue d’une île où le soleil est éclatant. Les personnes qui ont assisté à cette fusion du temps, de la musique et du chant étaient en état de grâce. Le bonheur se lisait sur leurs visages.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *