Retnani : «L’édition souffre au Maroc»

Retnani : «L’édition souffre au Maroc»

ALM : Quel regard portez- vous sur l’état actuel du secteur de l’édition au Maroc ?
Abdelkader Retnani : Le secteur de l’édition souffre. Cela est dû au fait qu’il n’y a pas de prise de conscience de la part des services publics. Les gens accordent très peu d’importance à l’édition. Mais je pense personnellement qu’il faudrait que le ministère de la Culture engage un partenariat avec le ministère de l’Education nationale et du Tourisme. Ce partenariat pourrait créer une sorte d’émulation dans le secteur de l’édition au Maroc. Ce même partenariat pourrait enrichir davantage l’édition, dans la mesure où ces ministères pourraient participer à la publication de plusieurs ouvrages sur le tourisme et l’éducation. Des domaines qui sont de nos jours très vendeurs. On a assisté à quelques initiatives de la part du ministère de la Culture. Ce dernier a aidé à la publication de certains ouvrages de jeunes écrivains. Mais il y a tout un travail à faire de la part du ministère de l’Education nationale.
Y a t-il d’autres problèmes qui entravent le développement du secteur de l’édition au Maroc ?
Ce qui est clair, c’est qu’il y a un manque certain au niveau de l’infrastructure dans le secteur de l’édition. Nous ne comptons pas beaucoup de librairies au Maroc et c’est un constat alarmant. Comment voulez-vous que l’édition se développe quand on constate qu’il existe très peu de librairies au Maroc. Il y avait plus de librairies en 1970 qu’il en existe aujourd’hui. C’est désolant. Et même les quelques librairies qui existent ne sont pas fréquentées. Les Marocains se rendent dans des librairies uniquement pendant les rentrées scolaires pour acquérir un livre dont ils ont besoin. Mais les librairies sont très rarement visitées rien que par curiosité. Les librairies dans les pays occidentaux ressemblent réellement à des librairies, les gens y viennent pour acheter des livres mais aussi pour s’informer sur les dernières sorties. Outre cela, il y a très peu de communication autour du livre, ce qui n’arrange pas les choses. A titre d’exemple, quand il y avait des émissions sur le livre à la télévision, les éditeurs avaient enregistré une augmentation de 30% de leurs ventes. Quand un livre est médiatisé, c’est déjà un acquis. Il peut être considéré comme étant déjà vendu.
Qu’en est-il de l’Internet? Croyez vous que cet outil menace le livre au Maroc ?
Non pas du tout. Je trouve qu’au contraire, l’Internet encourage la vente des livres. La raison est simple. Lorsque les internautes naviguent sur Internet, ils ont la possibilité, grâce à plusieurs adresses, de se renseigner sur les dernières nouveautés en matière de livres. Ainsi, cela encourage bien au contraire la production et aussi la consommation.

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