Sale temps pour les Dawliz

Sale temps pour les Dawliz

Une rumeur circule il y a quelque temps à propos de la cession des cinéma Dawliz de Casablanca. L’enseigne existe dans plusieurs villes du Maroc dont Tanger, Meknès, Salé et Casablanca. Ces salles noire possédaient depuis des années une certaine renommée et étaient fréquentées de manière régulière. Cependant, ces derniers temps, la clientèle est devenue rare. Ce qui a poussé le gérant à envisager la fermeture de ces lieux qui seraient reconvertis dans des activités plus rentables.
L’agonie des Dawliz s’est faite de manière progressive. Ce fut d’abord le Dawliz de Tanger, le premier à être touché par ce phénomène. Cet établissement a fermé ses portes le 31 décembre dernier. Après une longue résistance, celui de Casablanca lui emboîte le pas aujourd’hui.
Les salles Dawliz du Habous ont été cédées par leur promoteur qui n’est autre que Souhail Benbarka, ex-patron du Centre cinématographique marocain (CCM) à Mohamed Belghiti, propriétaire de la société Maghreb Modern Film et exploitant actuel du cinéma Rialto.
Concernant le Dawliz de la Corniche, il serait question de le transformer en complexe touristique. Cependant, cette information est démentie par M. Benbarka. « Je me suis effectivement désengagé du complexe du Habous en faveur de Mohamed Belghiti, mais il n’est pas dans mes projets de transformer celui de la Corniche en ensemble touristique.“ Alors que va devenir ce dernier ?
Pour le moment, M. Benbarka, connu non seulement pour ses talents de cinéaste confirmé mais aussi et surtout pour son sens des affaires, n’aurait pas de projet de rechange. Il compte le fermer en attendant probablement une meilleure opportunité.
C’est en ces termes que celui qui a régné sans partage sur le cinéma marocain pendant longtemps s’exprime sur un business qui avait connu sa période de gloire. Pas le moins affecté par le déclin de son enseigne, il donne par contre libre cours à son pessimisme sur l’avenir des salles obscures au Maroc. Pour notre interlocuteur, la fermeture des salles noires est un processus logique qui s’impose à tous. Une dégradation qu’il explique par le piratage à grande échelle de tout ce qui est artistique.
“Pourquoi voulez-vous que les gens fréquentent, comme avant, les salles de cinéma, alors que les films piratés sont disponibles partout à des prix très modiques“, s’interroge-t-il, la voix un brin triste. Or, faut-il imputer la crise du secteur au seul piratage qui gagne certes de plus en plus du terrain ? Pas vraiment. Le contre-exemple est offert par la toute nouvelle expérience du multiplex Mégarama à Casablanca qui a su en peu de temps s’imposer comme un haut lieu privilégié des cinéphiles casablancais. Il est vrai que ce complexe, financé par des fonds français, est géré selon des normes professionnelles que l’on trouve dans nombre de pays occidentaux. Niveau que les Dawliz, en plus de leur manque d’entretien, n’ont jamais pu atteindre malgré leur caractère précurseur. D’où peut-être la désaffection de sa clientèle qui ne s’est pas évaporée, mais a repris le chemin du nouveau projet de la Corniche, malgré la cherté relative du ticket d’entrée. “ Les clients sont prêts à payer, peu plus à condition que la qualité soit au rendez-vous“, déclare un professionnel du spectacle très avisé.
Même son de cloche du côté d’un professionnel du 7ème art. Successeur brillant de Souheil Ben barka à la têtre du CCM, Noureddine Sail explique : «Au Maroc, nous sommes en train de développer la recette européenne des multiplexes, c’est une formule qui plaît et qui attire beaucoup de public».
Et d’ajouter : «Les salles de cinéma classiques de 1500 places ont de moins en moins d’avenir“. Mais quand même l’adage dit : «Qui aime la vie va au cinéma».

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