Samira Haddouchi, l’art et la manière du caftan

Samira Haddouchi, l’art et la manière du caftan

ALM : Vous faites partie des stylistes qui participent cette année à la neuvième édition du Caftan. Et ce n’est pas la première fois que vos créations sont présentées lors des défilés de cette manifestation.
Samira Haddouchi : Effectivement, j’avais déjà pris part à cet événement. En fait, c’est la cinquième fois que je participe au Caftan. La première fois, c’était en 2000, lorsque j’étais encore étudiante dans une école casablancaise de stylisme et de modelisme. J’avais dessiné un croquis d’un caftan en soie et en cuir, en guise de candidature pour « les jeunes talents » de cette édition. Je l’avais envoyé, par la suite, à la revue « Femmes du Maroc », et à ma grande surprise, mon caftan a plu. C’est ainsi que j’ai pu présenter mes créations dans ce rendez-vous annuel, très suivi, des fans de l’habit traditionnel marocain. Excepté l’année 2001, où je n’étais pas dans cette manifestation à cause de certains problèmes de santé, mes créations ont été présentées dans les défilés des trois dernières années. 

Qu’allez-vous nous présenter le 30 avril prochain à Marrakech?
Vous savez, pour chaque année, je choisi un thème bien précis. Pour cette édition, ma collection porte le nom de « Monarchie ». Je vais présenter au total 15 tenues, dont deux pour hommes. Pour le choix des couleurs, j’ai opté pour des couleurs dites « criardes ». Il faut noter que j’essaye annuellement de présenter de nouvelles créations, mais qui restent toutes unies entre elles avec ce lien du thème. D’ailleurs, pour les deux dernières éditions, les thèmes étaient, Impératrice et Aphrodite du Nord. Et pour être prête pour le 30 avril prochain, j’ai mis les bouchées doubles. Un caftan de haute couture, travaillé à la main, nécessite un certain temps de travail. Cela fait plus de trois mois que nous avons mis la main à l’ouvrage, mais nous serons certes prêts pour le rendez-vous de Marrakech. A deux semaines du défilé, il faut retrousser les manches.

Comment faites-vous pour présenter, chaque année, de nouvelles idées autour de la même chose, le caftan ?
D’abord, nous suivons de très près les dernières tendances internationales dans le monde de la mode. Et ce concernant le choix des tissus, leurs qualités, les couleurs, les coupes…C’est ainsi que pour être au parfum de ce qui se passe ailleurs, je tiens à visiter annuellement deux des grands salons des tissus et de la mode. Il s’agit précisément du salon
«Première vision» de Paris et d’un salon italien réputé pour l’excellence de la qualité de ses tissus. Il ne faut pas oublier que la haute couture en matière d’habit traditionnel marocain fait, de plus en plus, appel à des marques de tissus de renommée internationale.

En quoi l’événement Caftan a-t-il contribué dans la promotion de cet habit traditionnel ?
Depuis la création de cette manifestation, le caftan marocain a gagné beaucoup en terme de notoriété. Et cela est un avis partagé par l’ensemble des stylistes travaillant sur les vêtements traditionnels. Ce changement se concrétise à travers l’engouement d’une clientèle étrangère sur notre caftan. Sous d’autres cieux, et surtout dans les pays du Golfe, le caftan est devenu en quelque sorte un signe d’aisance économique et sociale. Et c’est au grand bonheur de l’ensemble des personnes qui vivent de ce métier. Il ne faut pas penser que derrière un caftan, il n’y a que le styliste. En pratique, c’est un travail de chaîne pur et dur. Du choix du tissu jusqu’aux dernières touches, la confection d’un caftan est une histoire brodée par de multiples mains professionnelles. C’est un chef-d’œuvre dans lequel plusieurs artisans ont apporté leurs savoir-faire.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *