Tétouan : «Le jeu de l’amour» à l’épreuve

Tétouan : «Le jeu de l’amour» à l’épreuve

La compétition du 13 ème Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan a démarré dimanche 25 mars avec le film français: « Sem Pre vivu » de Robin Rennucci.
Le lendemain, le jury long métrage présidé par Hamid Bennani avait rendez-vous avec deux films en compétition : «Le jeu de l’amour» de Driss Chouika, et le film italien «viaggio secreto» de Roberto Ando avec à l’affiche Emir Kusturica.
«Le jeu de l’amour» de Driss Chouika a été projeté en avant-première. C’était la première fois que le public marocain et les cinéphiles allaient regarder le second long métrage du cinéaste Driss Chouika. Ce dernier est connu pour ses réalisations sur le petit écran et à travers son premier opus : « Mabrouka » sorti il y a de cela plus de six ans. Aujourd’hui, avec ce film écrit par Mohamed Arious, Driss Chouika marque son retour après plusieurs années d’absence du grand écran. « Le jeu de l’amour » rassemble les acteurs Younès Megri et Amal Ayouch. Les deux personnages principaux du film pour ne pas dire les seuls incarnent un couple qui revient sur leur première rencontre. Tout au long du film, ils font une analyse profonde de leurs comportements l’un vis-à-vis de l’autre. Au début de leur rencontre, chacun d’eux appréhendait le comportement de l’autre. Au fur et à mesure qu’ils avancent dans l’âge, leur pensée change et leur jugement s’affine. Pour bien illustrer ce passage et cette évolution, Driss Chouika a construit son film sur trois étapes. Au commencement du film, il montre le couple dans un âge très avancé dans un paysage enneigé. Le choix de ce paysage naturel n’était pas fortuit. La neige symbole de la pureté est propice à la méditation et la remise en question. Le film en entier est axé sur cette philosophie. Grâce à cette remise en question mutuelle, les deux êtres se rapprochent davantage et trouvent un sens à leur comportement jadis incompréhensifs. Le couple sera dévoilé par la suite à un âge moins avancé lorsque les deux protagonistes seront plus mûrs avant de finir sur le commencement de leur union : la rencontre entre l’auto-stoppeuse et le chauffeur Don Juan à la recherche du plaisir.
Cette histoire qui est universelle et qui n’est pas spécifique au Maroc sera constamment mise en abîme. Le scénario de leur vie sera tourné, filmé et interprété par les mêmes personnages.
Le dialogue entièrement en langue française donne au spectateur une certaine impression d’assister à une pièce de théâtre. Le public a été surpris par ce genre novateur dans le cinéma marocain. «D’habitude, le cinéma marocain s’attache à des thèmes sociaux, ce film est original et courageux étant donné qu’il crée une rupture», déclare un spectateur à la sortie du cinéma «Avenida» où a eu lieu la projection. Un autre spectateur déclare qu’il a eu du mal à comprendre le film au début, et avoue que ce long métrage nécessite un effort de compréhension.
Le réalisateur pour sa part appréhende la réaction du grand public lorsque son film fera sa sortie dans les salles à partir de l’année prochaine. Il est conscient d’avoir pris un risque mais en est satisfait. «J’aime faire les films qui me plaisent, je ne peux pas savoir si le public va aimer à son tour ce film, c’est à lui de juger», a-t-il déclaré à ALM. Le cinéaste est satisfait également de la prestation des deux acteurs. Il juge qu’Amal Ayouch et Younès Megri ont réussi à entrer dans la peau des personnages tels que les a décrit le scénariste Mohamed Arious.

DNES à Tétouan

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