Casablanca s’attaque à ses bidonvilles

Casablanca s’attaque à ses bidonvilles

Casablanca est devenue un chantier à ciel ouvert. La métropole, voulant éradiquer ses bidonvilles, est en train de construire des logements sociaux afin de faire bénéficier l’ensemble des Casablancais d’habitat salubre. La semaine dernière, SM le Roi Mohammed VI a procédé au lancement d’un projet de recasement des ménages du bidonville «douar Sakouila », à Sidi Bernoussi. «Douar Sakouila » figure en fait sur la tête des bidonvilles les plus grands de Casablanca. C’était également l’occasion de donner le coup d’envoi au projet de relogement des populations du bidonville « Thomas », à Sidi Moumen, et d’enquérir de l’avancement des travaux de restructuration des quartiers Lahraouiyine, Lamkansa et Sidi Abderrahmane.
La capitale économique du Royaume n’est plus ce casse-tête qui, de l’avis même du ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, Taoufik Hejira, constituait pour les responsables de la politique une lutte contre l’habitat insalubre. C’est pour cette raison que le ministre a préféré s’attaquer à cet énorme chantier en dernier lieu, c’est-à-dire, bien après la résolution des problèmes d’habitat insalubre dans d’autres villes du Royaume. Ainsi donc, le projet d’éradication des bidonvilles de Casablanca n’entre pas dans le cadre de l’opération « Villes sans bidonvilles ». Et ce parce que l’habitat insalubre de la métropole est un problème épineux. Les plus vieilles concentrations de bidonvilles existent dans cette ville.
Par ailleurs, l’opération « Villes sans bidonvilles » réside en une convention tripartite signée entre le ministère de tutelle, les élus et les habitants des bidonvilles, eux-même, puisqu’ils financent une partie de la construction des projets de recasement. Ceci n’a pas empêché le lancement de plusieurs projets par SM le Roi Mohammed VI en mai 2003. Il s’agit de huit projets d’habitat portant sur la construction de 65.210 logements sociaux couvrant une superficie globale de 391 hectares, pour un coût de 12,695 milliards de dirhams. Six autres projets sont en cours de réalisation au profit de 5.740 familles casablancaises, dont 1.833 ont été déjà relogées fin 2004 alors que dix autres opérations ont été lancées dans le cadre de la lutte contre l’habitat insalubre.
Partant du principe que chaque ville a ses propres problèmes et des moyens particuliers pour les résoudre, une nouvelle réflexion a mûri. C’est ainsi que les autorités locales ont initié une nouvelle stratégie.
Il s’agit là d’une nouvelle approche d’intervention globale au niveau de la ville, articulée autour de la conclusion de contrats négociés, par chaque ville, séparément, et la définition des missions des partenaires sur la base d’un diagnostic commun et des objectifs précis et concertés. Car il s’agit bel et bien de concertation dans toute tentative de résolution d’un problème socio-économique.
Dans ce sens, le programme de lutte contre l’habitat insalubre se base sur trois principes intégrés. Premièrement, le programme insiste sur le fait d’un renforcement et d’une actualisation de l’arsenal juridique en matière d’urbanisme. Offrir des logements à des prix préférentiels en prenant en considération la capacité financière des habitants des bidonvilles est le deuxième principe de ce programme.
Quant au troisième et dernier principe, l’idée consiste en une  régularisation de la situation actuelle, et ce soit à travers une offre de terrains ou de logements aux bénéficiaires des opérations de relogement ou à travers la restructuration des quartiers d’habitat anarchique. `La ville de Casablanca semble donc partie vers une urbanisation moderne bannissant les bidonvilles de sa carte.

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