Fès : des chantiers et des ruines

Fès : des chantiers et des ruines

Le 30 décembre 2004 a été présenté au Souverain un programme de lutte contre l’habitat menaçant ruine à Fès. D’un coût global de 131 millions DH, ce programme connaît quatre intervenants, à savoir l’Agence urbaine et de sauvegarde de Fès (AUSF), l’Agence de dédensification et réhabilitation (Ader-Fès), Al Omrane, l’ERAC Centre-Nord et le LPEE.
Une année plus tard, ces dernier décident de se réunir mercredi 28 décembre pour l’évaluation de ce programme. « Il s’agit de dresser un bilan qui a jugement de fait », explique d’emblée M. Belhaj, directeur d’Al Omrane-Fès. Et d’ajouter que le menaçant ruine est un phénomène complexe, ce qui rend difficile de faire une évaluation. Première action effectuée, entrant notamment dans le cadre de l’opération de reconnaissance et de gestion des risques, quinze Commissions locales de vigilance ont été créées en vue de répertorier les constructions selon le degré de danger qu’elles présentent.
Elles ont mené leur travail dans la médina, Fès-Jedid, la zone nord et Jnanate. Il ressort de cette classification que le nombre de ces constructions a atteint 2.127, dont 1.321 nécessitent une intervention d’urgence et 806 une intervention à court terme. Il en ressort également que dans l’ancienne médina, 70 % des familles sont des locataires de logements dont la superficie ne dépasse guère les 21 m2, alors que dans les quartiers non réglementaires, 15% des familles sont des locataires d’habitations, dont la superficie varie entre 25 et 80 m2. « Cette nouvelle stratégie adoptée porte essentiellement sur la lutte contre l’habitat anarchique, la réalisation d’un produit compétitif, la gestion des risques et la mise en place de mesures propres à chaque situation », estime le responsable du holding d’aménagement Al Omrane à Fès. Du côté du relogement, ce décembre 2005 a connu l’acquisition par le ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme de 1000 logements économiques pour reloger les familles concernées ; 400 logements de l’ERAC et 600 autres d’Al Omrane.
Le ministère prend en charge 50 % du prix alors que le reste est du ressort des ménages concernés. En guise de détail, à signaler que l’accès à un logement peut se faire par appropriation immédiate contre le paiement de 90.000 DH, dont 30.000 DH à titre d’aide du ministère, par la location-vente, à raison de 300 DH/mois pendant 25 ans, ou par la location avec un loyer inférieur à 300 DH/mois pour les démunis. Les mesures parallèles portent notamment sur l’organisation de sessions de formation dans le domaine des techniques de réhabilitation et le fait de conforter des bâtisses menaçant ruine au profit des cadres des secteurs privé et public de la ville de Fès, et la mise en place d’équipes locales d’intervention d’urgence relevant de la Protection civile. « Notre action a pour principal objectif d’arrêter une hémorragie qui touche le tissu urbanistique de Fès », explique pour sa part Mohamed Najib Halimi, directeur de l’AUSF.
Il y a une année, quatre conventions ont été signées devant SM le Roi. De l’avis de plusieurs intervenants, difficile donc de dresser un bilan de ce programme, vu la multiplicité des interventions requises : intervention d’urgence pour la consolidation et l’étayage provisoire des structures fissurées, recasement des familles habitant des structures irrécupérables, restauration  du réseau d’assainissement, réfection des façades et pavage des rues.
Sur le plan national, les familles qui habitent ce genre de logements sont estimées à 90.000, dont 70.000 dans le tissu ancien et 20.000 dans des quartiers non réglementaires. 20 villes souffrent ainsi de ce genre de phénomène, dont Fès, Casablanca, Oujda, Essaouira, Béni-Mellal, Salé, Marrakech, Ksar Sghir, Rabat, Meknès et Tétouan. Ce programme conçu dans ce sens, dont le coût est estimé à 323 millions de DH, profitera à 11.600 familles dans 17 villes.

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