Habitat décent : priorité de l’ONU

Habitat décent : priorité de l’ONU

«La bataille que nous menons pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement sera gagnée ou perdue dans les villes», a lancé la semaine dernière Anna Tibaïjuka, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), devant la Commission économique et financière (deuxième Commission) des Nations Unies.
Face au phénomène d’urbanisation rapide et à la pauvreté qui l’accompagne, elle a estimé qu’il fallait trouver des solutions concrètes à l’urbanisation anarchique, afin de rendre les villes plus inclusives et de s’attaquer à la crise sociale et sanitaire provoquée par l’expansion des bidonvilles.  «Un milliard de personnes à travers le monde vivent à l’heure actuelle dans des taudis urbains, et si rien n’est fait, ce chiffre passera à 2 milliards d’ici 2030 », a averti Anna Tibaïjuka. Pour faire face à ce défi, la directrice exécutive de l’ONU-habitat a mis en avant la nécessité de trouver des mécanismes novateurs de financement du logement et des infrastructures urbaines. 
Appuyant ce point de vue, de nombreuses délégations ont reconnu qu’il était indispensable que la communauté internationale mobilise tous les moyens de financements possibles, pour améliorer les conditions de vie déplorables dans lesquelles survivent des centaines de millions de personnes dans toutes les parties du monde, et notamment dans les zones en développement.  Ce triste constat a été fait par les délégations alors que la Deuxième Commission examinait l’application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) et le renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-habitat).
À cet égard, la représentante de la Jamaïque, qui intervenait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a demandé que les contributions financières versées à la Fondation pour les établissements humains soient accrues et deviennent plus prévisibles, tout en soulignant le besoin qu’ont les gouvernements des pays en développement d’être soutenus par la communauté internationale pour un meilleur financement des infrastructures et la réception et l’usage des technologies qui leur font défaut. 
La construction de logements décents et salubres étant au-dessus des faibles ressources de la majorité des populations, le représentant du Nigéria a, pour sa part, estimé qu’il fallait encourager les États à participer à la promotion du logement décent et à l’investissement dans les infrastructures, afin de faciliter aux pauvres la construction et l’accès au logement.  Dans le but d’appuyer les efforts nationaux visant l’élimination des bidonvilles et l’accès universel à un logement décent et abordable, le représentant du Pakistan a demandé à ONU-habitat de rationaliser et de renforcer ses interventions, alors que celui de l’Inde estimait qu’il était urgent d’installer dans les zones rurales le type de services dont bénéficient les populations urbaines, afin de mettre fin à l’exode rural et de décongestionner ainsi les villes. 
Comme de nombreuses autres délégations, les représentants de l’Inde et du Pakistan ont mis l’accent sur l’importance des transferts de technologies et du renforcement des capacités humaines et institutionnelles des pays en développement, pour leur permettre de trouver et mettre en place des solutions durables et écologiques en matière de logement.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *