Éditorial

La saison des livres sur SM le Roi Mohammed VI est ouverte. C’est naturel, la perspective du 10ème anniversaire excite les imaginations fertiles et les plumes loquaces. L’ancien correspondant d’El Pais ouvre le bal. Un livre, selon nos confrères d’Al Ayyam, qui semble plus personnel, plus descriptif et peut-être plus utile pour le lecteur espagnol. Un ton apaisé d’un journaliste qui a une vraie expérience du Maroc. L’autre livre, celui de notre ex-confrère Ali Amar, a une autre fonction. Testimoniale, apparemment. Il souhaite restituer, semble-t-il, les années «Journal» dans un contexte plus juste, moins caricatural, plus proche des contradictions de l’époque et plus proche, finalement, d’une vérité complexe voire à jamais insaisissable. Le plaidoyer pro domo de Ali Amar a manifestement pour objectif de faire la part des choses. Il ne serait ni le méchant, ni le démiurge de cette trouble période. Il ne veut plus en être le bouc émissaire. Le chemin de l’enfer étant pavé de bonnes intentions, il faut juste faire attention à l’excès d’ivresse. Pour le reste, les livres à venir, nous sommes habitués à ce type de littérature depuis le coup fumant — un succès commercial difficilement rééditable — de Gilles Perrault avec «Notre ami le Roi». La recette est connue. Un livre à charge, mono-sourcé, sans nuance, une indignation caricaturale et des révélations à la limite du réel. Le marketing fait le reste, c’est-à-dire le SAV (le service après-vente pour ceux qui ne suivent pas). Et si vous ajoutez un coup de censure, toujours malvenue, la gloire est au rendez-vous. La censure est véritablement l’adjuvant principal de ces écritures qui ne survivent jamais à la bonne foi.

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