Éditorial

Comment faut-il comprendre les explications de Tripoli sur la présence du séparatiste Mohamed Abdelaziz aux festivités du 40ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Kadhafi ? Au premier degré. Prendre acte et tournez la page. C’est tout ce qu’il y a à faire. Il est universellement admis que la gouvernance libyenne est atypique. Originale, erratique ou, du moins, imprévisible. L’actualité de ces derniers mois nous a donné à voir la pleine mesure du talent de la diplomatie libyenne. La Suisse, l’Ecosse, le Maroc, etc., tous ces pays, pour des rasions d’ailleurs très différentes, ont, à un moment ou à un autre, été obligés de manger leur chapeau ou leur tarbouche, c’est selon. Avec les explications que nous avons obtenues, nous, on s’en tire plutôt pas mal. Il se trouve quand même que d’aucuns, dans notre cher pays, veulent imputer cette crise à la presse marocaine — décidément sous les feux de la rampe — alors que les frasques de notre partenaire sont de nature mondiale. C’est comme si, pour changer de focale, toutes les déconvenues récentes de notre diplomatie, y compris sous forme de fait divers mondain, — on vous évitera une fastidieuse énumération — étaient le produit de notre «exécrable» presse. Retournons à Dieu. Et croyons en le jugement dernier. Ceux qui imaginent, dans les cercles du pouvoir, que l’on peut vivre sans presse (un pouvoir sans contre-pouvoir), ou qu’avec une presse gentille, sympathique, cultivée et délicieusement déontologique se trompent lourdement. Ce n’est pas dans la nature des choses. La situation évoluera avec l’effort soutenu et la contribution concertée de tous. Et surtout avec l’évolution générale de la vie publique vers plus de transparence, de démocratie, d’Etat de droit, de justice, etc. Le cœur battant du problème est là. Il n’est pas ailleurs.

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