Éditorial

La patrie est clémente et miséricordieuse. Mais elle n’est pas idiote. Le voyage Tindouf-Laâyoune est un aller simple. A sens unique. Un Sahraoui marocain séparatiste repenti a le droit de rentrer chez-lui. Mais un séparatiste de l’intérieur qui va suivre une formation avancée de séparatisme à Tindouf a-t-il le droit de revenir au titre de la clémence et de la démocratie de la patrie ? Le doute est permis. Et sur le fond, il y a des choix à faire. Soit il est séparatiste, soit il est unioniste. Le premier, sa place naturelle est à Tindouf en attendant une solution collective. Le second, lui, est naturellement chez lui. L’entre-deux c’est-à-dire vivre à Laâyoune, se faire financer son séparatisme aux Canaries, suivre des stages à Tindouf, et revenir auréolé à Laâyoune troubler l’ordre public au nom de la RASD est une chose qui est inacceptable quelles que soient la résilience et la plasticité de l’unionisme marocain ou quelle que soit la clémence de la patrie. Mais, enfin. Les règles de l’adversité supposent un minimum d’honnêteté. Nos adversaires doivent se comporter comme tels. Le fait que les séparatistes de l’intérieur disposent, à ce  jour, — à la différence des séquestrés de Tindouf — de la liberté d’aller et venir, notamment à l’international,  doit les obliger. Mais c’est le «statut» — une appellation abusive —  de «séparatiste de l’intérieur» qui pose problème. La place d’un séparatiste est à l’extérieur. L’expérimentation qui était en cours s’est soldée par un échec. Il faut en tirer la leçon.

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