Éditorial

L’exécution de Mustapha Mansouri est propre. En deux temps, trois mouvements, il s’est trouvé privé de tous les instruments de gouvernance du RNI. Avant, ceux qui voulaient arriver à ce même résultat, faisaient souffrir inutilement la victime, allongeaient le supplice sans fin, dépensaient beaucoup d’énergie, et au final se trouvaient exténués, aussi exsangues que leur victime. Une bataille de chiffonniers qui mettait souvent en scène de vieux notables à l’ancienne. Rappelez-vous, l’éviction d’Ahmed Osman avait duré une éternité, une vraie télénovela. Aujourd’hui, cela s’est fait à la manière technocratique, dans les règles de l’art. Un minimum de ressources, un maximum de résultats. Une adéquation entre moyens et objectifs exceptionnelle. Un plaisir civilisé où l’esprit et les sens ravis communient ensemble. Le texte du communiqué qui signe la mise au repos biologique durable du secrétaire général est lui, aussi, une œuvre du genre. Deux morceaux d’anthologie. M. Mezouar à qui le président a confié cette mission, «est appelé aux côtés du bureau exécutif, à superviser l’exécution des décisions du parti et à préparer la tenue de la prochaine session du Conseil national du RNI» qui va certainement valider le changement de leadership. C’est net. Ensuite — un bijou—, «les membres du parti se sont mis d’accord, par consensus, sur une déclaration adoptée par le bureau exécutif pour mettre un terme au débat sur le parti dans les médias». En clair, on fait disparaître, consensuellement, l’arme du crime. C’est, d’ailleurs, par ce truchement-là que l’intéressé a été trucidé. Bravo les artistes. Maintenant, il ne reste plus qu’à concocter un scénario identique pour l’Istiqlal. Et la mise à niveau sera achevée. <     

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