Éditorial

«Nous estimons que cette arrestation ne va pas dans le sens des mesures de confiance entre votre gouvernement et le Front Polisario dans le conflit du Sahara occidental.» C’est en ces termes que l’agence algérienne de presse rapporte le contenu d’une obscure missive qu’auraient adressée des sénateurs américains aux autorités marocaines au sujet de Tamek et consorts. Je trouve la formulation finaude. On peut, cependant, retourner l’argument avec facilité. Est-ce que prendre des séparatistes de l’intérieur, les financer solidement et les former à l’activisme séparatiste dans un pays voisin relève du renforcement des mesures de confiance ? Soit nos amis jouent aux naïfs, soit ils nous prennent pour des idiots. Les actes pour lesquels Tamek et ses amis sont poursuivis, sont suffisamment graves, au Maroc — un pays en guerre pour protéger l’intégrité de son territoire — pour être présentés devant un tribunal militaire. Ils le sont d’ailleurs. La trahison d’une manière générale, et particulière aussi, est l’expression absolue de la destruction de la confiance. C’est une litote. Ce qui va dans le sens de l’activisme séparatiste ostentatoirement financé et supporté par l’étranger contre les intérêts supérieurs du pays est combattu par la loi. Je pense que c’est clair. Les négociations avec le Polisario sous l’égide de l’ONU sur la base du projet d’autonomie présenté par le Maroc ne sont pas tributaires, ou non, de l’application de la loi dans le pays. Les négociations ne sont pas une séquence de non-droit. Elles ne suspendent pas les institutions. Et les mesures de confiance ne sont pas la panacée universelle. Au fait, pourquoi l’Algérie s’oppose-t-elle à la mise en œuvre des mesures de confiance par voie terrestre entre Tindouf et Laâyoune ? Justement parce que la confiance ne règne pas.

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