Éditorial

La guerre, puisque c’en est une, sur la frontière entre l’Arabie Saoudite et le Yémen peut devenir un engrenage redoutable. On peut y aller aujourd’hui la fleur au fusil et se retrouver, assez vite, dans un processus belliqueux qui risque d’enflammer toute la région. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’entre frères arabes, notamment dans le Golfe où les ambitions de leadership, souvent surdimensionnées, sont légitimées par une puissance de feu financière sans limite, la guerre est, depuis longtemps, inscrite dans l’agenda géopolitique régional. Dans l’affaire du Yémen, le cas des Houtis, — gestion militaire lourde d’une provocation locale dérisoire — ce qui est le plus à redouter, c’est la banalisation du recours à la guerre d’autant plus que des arsenaux consistants sont disponibles dans la région. Il va bien falloir que les armes, parfois sophistiquées accumulées depuis de nombreuses années, et l’entretien d’armées de métier onéreuses servent à quelque chose. Ici, il n’est point question de nier à l’Arabie Saoudite son droit légitime de défendre son territoire et son intégrité. Mais son statut de puissance régionale incontestable lui dicte plus une retenue au service d’une paix négociée et garantie qu’ une surenchère militaire, à corps perdu, dont elle a au demeurant les moyens, au risque de déstabiliser durablement de fragiles équilibres nationaux et régionaux. La guerre est un engrenage dont on peut maîtriser le démarrage mais dont personne ne maîtrise, de science certaine, l’arrêt.

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