Éditorial

Le succès éditorial de ce qui est, désormais, appelé l’affaire Khalid Oudghiri est, le moins que l’on puisse dire, louche. L’affaire mousse à un point tel qu’elle déborde de tous les côtés. Même les plus sérieux, ou supposés tels, en rajoutent sur une affaire financière d’ordre strictement privé dont l’instruction vient de s’achever… en fanfare. Une affaire de recouvrement bancaire forcé, un notaire aux abois, un corrupteur auto-dénoncé qui s’assume allégrement, des témoins de moralité aux parcours sinueux, etc. On comprend, à vrai dire, peu de choses. Tout ce que l’on sait c’est que Khalid Oudghiri, le financier, peut-être, le plus doué de sa génération, l’artisan de la célèbre fusion BCM-Wafabank a dû quitter son poste de président d’Attijariwafa bank d’une manière un peu expéditive et dans des conditions, manifestement, très peu élégantes. Dès le lendemain de son limogeage brutal qui a surpris la place financière de Casablanca, la machine à rumeurs s’est déclenchée. Actionnée essentiellement par les obligés d’hier — un trait de caractère du Marocain ? —, elle a atteint des summums de lâcheté, de reniement et d’indignité. Et ça continue encore. Ceux qui frappent le plus dur sont peut-être ceux qui ont bénéficié par le passé des largesses les plus importantes. N’est surpris que celui, naïf incorrigible, qui doute encore de la nature humaine. Mais sur le fond, que reproche-t-on au type que l’on présente, désormais, comme un criminel international en fuite ? On n’en sait fichtrement rien! Tout ce qui suppure dans cette affaire de règlement de comptes obscurs dans lequel l’opinion publique est prise en otage est le produit monstrueux de deux viols concomitants. Le viol de la présomption d’innocence et le viol du secret de l’instruction. C’est tout.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *