Éditorial

A part pendre le coiffeur, il va bien falloir définir les responsabilités dans la chute du minaret à Meknès. Le fait que le bâtiment qui s’est dramatiquement effondré, en faisant des dizaines de victimes, soit un édifice religieux est plus une circonstance aggravante pour nos bâtisseurs qu’un signe du destin qui veut que Dieu éprouve les croyants, dans l’adversité, pour — comme l’on dit maintenant — «benchmarker» leur foi. Un peu court et faussement bigot. Quel est le cahier des charges techniques pour construire une mosquée outre le fait que le donateur doit être riche, sympathique et qu’il cherche un raccourci pour aller au Paradis ? Quelles études d’ingénierie, d’impact, de faisabilité, etc. sont exigées dans cette matière à part le fait, moralement hygiénique, de demander aux maçons de faire leurs ablutions rituelles avant d’entrer dans le chantier ? Ou d’égorger un mouton avant de creuser les fondations ou de couler la dalle en béton ? Il faut être sérieux. Des Marocains meurent parce que les règles ne sont pas respectées. Parce que les procédures ne sont pas appliquées. Et parce que, justement, c’est une mosquée, tout le monde s’en fout un peu car Dieu y pourvoirait. Bien au contraire. C’est l’inverse qui doit prévaloir. Pour les édifices publics de cette nature, il faut redoubler de précaution. On sait, au moins depuis Noé, qu’un équipement public religieux doit être fait pour résister aux pluies diluviennes et aux conditions climatiques les plus difficiles. Il n’est pas très sûr que les auteurs de cette incurie aillent au Paradis. Quant à leurs victimes, c’est une autre affaire…

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