Éditorial

Le climat politique est passablement plombé dans le pays. Le temps risque d’être trop long d’ici à 2012. Les coups tordus, les coups d’esbroufe, les coups fourrés, etc. rien ne nous sera épargné d’ici là. L’enjeu est majeur, et la règle du jeu, justement, n’est pas claire. L’affaire Jettou continue à distiller son poison en laissant apprécier des effluves qui ne sentent pas très bons. La confusion est à son comble entre une affaire de droit commun — une supposée délinquance urbanistique — à laquelle la justice s’intéresserait normalement et des règlements de comptes politiques sordides qui ne disent pas leur nom. Le billard à trois bandes fonctionne à merveille et le trou visé n’est pas annoncé. Par ailleurs, l’usage, souvent lapidaire et populiste, qui est fait de l’estimable rapport de la Cour des comptes participe lui aussi de cette ambiance générale qui n’a qu’un rapport très lointain avec une vie démocratique normalisée. Tous pourris ! Sur un autre terrain la rentrée parlementaire, ça va être guignol. Le spectacle est garanti. Qui prend le perchoir avec quelle majorité ? L’opposition adoubera-t-elle un candidat clandestin pour lequel elle aurait eu des yeux de Chimène? Le RNI qui a désavoué, avec perte et fracas, son ancien leader arrivera-t-il à garder le poste en s’alliant à l’UC, un parti d’appoint qui fait de l’opposition sans grande conviction en attendant un hypothétique retour d’affection. Rien n’est moins sûr. L’USFP fort d’un accord secret avec le PAM — c’est totalement dans les cordes de Driss Lachguer — peut également provoquer la surprise. Voyez-vous tout est possible car rien n’est clair. Ou l’inverse : tout est clair car rien n’est possible. On se traînera ainsi jusqu’en 2012 sans soins palliatifs, sans moyen de «gérer» correctement la douleur et sans garantie que l’on ne perde pas le bébé avec l’eau du bain.

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