Éditorial

Que l’AMDH rende visite aux six détenus séparatistes qui ont fait le voyage de «coordination» avec le Polisario à Tindouf est une démarche saine qu’il faut saluer comme le produit d’un professionnalisme entier. Les droits de l’Homme sont insécables. Ils valent pour tous y compris pour des détenus en attente d’être jugés. Y compris, également, pour des séparatistes qui font de la trahison à la nation une expression politique. Eux aussi, même s’ils pactisent avec l’ennemi, ils ont le droit d’avoir un procès juste et équitable. Mais les droits de l’Homme ne dissolvent ni les délits ni le Code pénal. La justice suivra son cours… Mais mon propos n’est pas celui-là. Qui milite pour le respect des droits de l’Homme à Tindouf? Qui se soucie du sort inhumain des séquestrés? Qui sait combien ils sont, les Algériens refusant à l’ONU un recensement légitime? Qui s’intéresse à leur liberté fondamentale, celle d’aller et venir, celle de s’exprimer sans peur de répression, celle de changer démocratiquement de représentants? Nous sommes vraiment, et monsieur Christopher Ross le sait, face à une porte fermée. A double tour. Peut-il avoir le courage de dénoncer cet état de fait et risquer de subir — une consécration intellectuelle — le sort de ses prédécesseurs ? Dire la vérité. Etre, lui aussi, finalement, de bonne foi au diapason de l’offre marocaine de paix qui est reconnue comme une contribution décisive à la solution de ce problème factice. Maintenant faut-il s’excuser de défendre sa patrie ? Son intégrité territoriale conformément au paragraphe 2 de l’article 19 de la Convention européenne des droits de l’Homme ? Non, c’est une cause universelle, et universellement admise. C’est la trahison qui est… une trahison, même rampante. Même quand elle se pare de l’air du temps. Et même quand elle se veut frivole, démagogique ou immature.

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