Éditorial

Est-ce que l’USFP et l’Istiqlal sont dans leur bon droit politique de ne pas se sentir concernés par le coup de vuvuzela — l’assourdissante et primitive corne de brume du Mondial sud-africain — du PJD limitant le périmètre de la démocratie aux partis dits nationalistes ou historiques. Ils font les sourds. Le vuvuzela ne sort qu’une note de sa trompe. Une fondamentale en Si bémol. Ce n’est pas un instrument de musique car il ne peut pas produire de gammes. La démocratie c’est la même chose. Le pluralisme, la diversité, la différence ne peuvent vivre que si la partition est bien écrite et que si les instruments sont diversifiés et variés. Les mélodies et les harmonies arrangées à la perfection constitutionnelle qui peuvent naître de l’ensemble créent le grand orchestre de la nation démocratique. Le vuvuzela de Abdelilah Benkirane est dangereux. Il n’a pas sa place dans le concert national. Une menace pour les tympans d’abord, ensuite pour l’orchestre, et finalement l’art de faire de la politique qui est celui de l’art de vivre ensemble. La tradition chez nous c’est la musique andalouse qui privilégie, à la différence de la raffinée musique gharnatie, le chant à l’unisson, le couplet et le refrain entonnés ensemble, des phrases chantées, complétées par les uns ou les autres indifféremment, trop peu de voix ou d’instruments jouant en solo donc en virtuosité et une rythmique élaborée mais que l’on ne peut pas attribuer à un seul instrumentiste, ce qui permet parfois de cacher des erreurs, des imperfections ou des talents inaccomplis. En clair, nos références musicales sont en contradiction avec le vuvuzela du PJD. Maintenant revenons à l’USFP et à l’Istiqlal, ce n’est pas parce que le crime leur profite qu’ils sont coupables. Mais ils ne sont pas non plus innocents, tant qu’ils profitent du forfait par leur silence assourdissant. Une analyse de courte vue politique peut leur faire croire que le vuvuzela est un chant de sirène.

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